ALGÉRIE
02/07/2015 15h:01 CET | Actualisé 03/07/2015 05h:43 CET

"L'Algérie va tout droit vers une explosion sociale", estime Ahmed Benbitour, ancien chef du gouvernement (VIDÉO)

Confrontée à une crise structurelle, l’Algérie court le risque immédiat de vivre une explosion sociale à l’horizon 2017 et peut-être même avant. C’est la prévision de l’ancien chef du gouvernement, Ahmed Benbitour, invité ce mercredi du "Direct" de Radio M, la webradio de Maghreb Émergent.

"Aujourd’hui, la crise est structurelle (...) D’autant que le pays connaît une baisse tendancielle de la production parallèlement à une augmentation tendancielle de la demande (énergétique) interne", a-t-il expliqué.

L’Algérie est dans une trajectoire d’épuisement rapide des réserves financières, selon l’ancien chef de gouvernement qui annonce que le pays en aura pour deux années pour ce qui est du budget (soit à l’horizon 2017) et 5 ans pour les devises.

Il souligne que les prévisions les plus optimistes tablent sur des prix du pétrole qui resteront compris entre 60 et 70 dollars le baril sur le moyen et même le long terme.

Pour M. Benbitour, la crise qu’encourt notre pays ne peut être réglée par la gouvernance actuelle. "C’est pourquoi, souligne-t-il, nous appelons au changement de tout le système de gouvernance et ne pas se contenter de changer des personnes".

Comment la crise va-t-elle se produire ? Selon Benbitour, les difficultés vont commencer à partir du moment où les équilibres budgétaires ne seront plus garantis, ce qui induira une réduction des transferts sociaux à laquelle s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat des salariés à cause de l’inflation.

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Chaque jour de perdu dans la réforme se paye cher

"Une crise structurelle (comme celle que vit le pays) a la spécificité d’être cumulative. Chaque jour de perdu est payé beaucoup plus cher. Personnellement, j’avais dit qu’on devait démarrer le programme de redressement dès janvier 2012. Depuis, le pays a déjà perdu 3 ans, regrette Benbitour. Selon lui, la gouvernance actuelle du pays a tellement fait des erreurs qu’il est difficile d’envisager une voie de règlement.

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La solution, affirme Benbitour, n’est pas une question d’individus mais d’une stratégie de développement. Selon lui, l’espoir est permis "à condition de changer tout le système de gouvernance".

L’une des pistes suggérées par l’ancien chef de gouvernement est de s’inscrire dans le progrès technologique. Laquelle option passe par le changement, encore une fois, du système de gouvernance mais aussi par les libertés publiques. "Si l’autoritarisme pouvait mener au développement, les pays africains seraient les plus développés", a-t-il argumenté.

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