MAROC
30/06/2015 05h:57 CET | Actualisé 30/06/2015 11h:42 CET

Le Conseil supérieur national de la sécurité pourrait voir le jour

Un Patriot Act marocain
AFP
Un Patriot Act marocain

STRATÉGIE SÉCURITAIRE - Après le premier secrétaire de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) Driss Lachgar, c'est au tour du bureau politique du parti de se prononcer sur les attentats de Sousse. Le parti de la rose a demandé à redoubler de vigilance et, surtout d'activer le Conseil supérieur de la sécurité. Retour sur un projet prévu depuis 2011.

Evoqué dans l'article 54 de la Constitution, le Conseil supérieur de sécurité est défini comme une "instance de concertation sur les stratégies de sécurité intérieure et extérieure du pays, et de gestion des situations de crise, qui veille également à l’institutionnalisation des normes d’une bonne gouvernance sécuritaire".

La Constitution définit également la composition du Conseil, qui inclut, "outre le Chef du gouvernement, le président de la Chambre des représentants, le président de la Chambre des conseillers, le président-délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et les ministres chargés de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de la Justice et de l’administration de la Défense nationale, ainsi que les responsables des administrations compétentes en matière sécuritaire, des officiers supérieurs des Forces armées royales et toute autre personnalité dont la présence est utile aux travaux dudit Conseil".

Un Conseil en standby depuis 2011, mais...

En 2011, le média électronique Panoramaroc rapportait qu'une cellule créée au ministère de l'Intérieur, et dirigée par le directeur général des Affaires intérieures Mohieddine Amzazi, se chargeait de la préparation des lois et des règlements qui régiront et définiront le fonctionnement du Conseil supérieur de la sécurité. Depuis, silence radio sur la question. Contactés par le HuffPost Maroc, des membres de la Commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense nationale à la Chambre des représentants ont déclaré qu'"il se peut que la requête de l'USFP soit un déclencheur, qui poussera les autorités à accélérer la mise en place dudit conseil".

Diagnostiquer les risques encourus par le Maroc est un pré-requis, selon l'IRES

L'Institut royal des études stratégiques (IRES), qui avait programmé, en 2011, une rencontre sur le sujet, avait préconisé d'établir un "diagnostic des risques sécuritaires encourus" par le Maroc. Les principaux risques relevés par l'ex-ambassadeur Khalid Sefiani, qui faisait partie du panel des participants, sont "la possibilité de renouvellement des combats au Sahara"; "les scénarios éventuels de tensions avec l’Espagne", ainsi que "les achats massifs d’armements par l’Algérie". La détérioration de la situation au Sahel, la dissémination d’armes suite à la guerre en Libye sont également des risques à prendre en considération. Mais depuis 2011, le royaume est exposé à de nouvelles menaces, dont le terrorisme mondialisé de Daech ainsi que la cyber-criminalité. C'est d'ailleurs pour se prémunir contre ces risques que le Maroc a créé le Bureau central d'investigation judiciaire (BCIJ).

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