MAROC
26/06/2015 09h:23 CET | Actualisé 06/07/2015 10h:01 CET

#Porter_une_robe_nest_pas_un_crime, la campagne de solidarité avec les deux filles arrêtées à Inzegane pour leur tenue prend de l'ampleur

Plusieurs personnes sur les réseaux sociaux ont manifesté leur solidarité en portant des robes
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Plusieurs personnes sur les réseaux sociaux ont manifesté leur solidarité en portant des robes

SOUTIEN – #Porter_une_robe_nest_pas_un_crime: la campagne de solidarité avec les deux filles arrêtées à Inzegane pour leur tenue prend de l'ampleur sur le web mais aussi auprès des associations féministes. La pétition publiée sur Avaaz comptabilise déjà 12 000 signatures. Plusieurs sit-in et rencontres ont été organisés afin de dénoncer le jugement de ces deux filles dont le seul crime a été de faire leurs courses vêtues de robes.

"Un sit-in aura lieu samedi 27 juin à 14h devant la wilaya d'Agadir et un autre devant le tribunal de première instance le 6 juillet", nous confirme Fouzia Assouli, présidente de la Ligue démocratique des droits des femmes (LDDF). D'autres "rassemblements" sont organisées un peu partout au royaume par l'association féministe. "A Casablanca, hommes et femmes se donneront rendez-vous dimanche à 22h à la place des Nations unies, vêtus de robes et de shorts, pour revendiquer leur droit à l'espace public", annonce la militante associative.

"Ce n'est pas un sit-in", note-t-elle, mais "un regroupement de personnes qui sont là juste pour défendre leur liberté, tout en discutant ou en prenant un café". La présidente du LDDF espère que cette initiative sera généralisée dans plusieurs villes du Maroc. Des rassemblements ont aussi été confirmés à Sefrou et à Marrakech, selon Bouthaina ElMakoudi, membre d'une association féministe à Agadir.

Sur les réseaux sociaux, c'est la fête de la robe. Les deux sexes postent leurs photos vêtus de jupes et de robes afin d'affirmer leur soutien aux deux filles jugées pour leur tenue. L'ensemble de ces clichés a été rassemblé sur la page Facebook Mettre une robe n'est pas un crime qui compile tout le contenu via le hashtag de la campagne #Mettre_une_robe_nest_pas_un_crime. (L'article continue après le diaporama)

Galerie photo Le web se mobilise pour les deux filles arrêtées à Inzegane Voyez les images

Certains artistes et politiques ont aussi joint leurs voix à la cause, comme Mustapha Slameur (ex Steff Ragga Man) qui s'est muni de son stylo pour dessiner une robe et la poster sur son compte Facebook. La chanteuse Oum a aussi publié une photo d'elle en jupe courte que les internautes ont directement assimilée à la campagne de solidarité. "Alerte aux autorités: je porte une jupe, il est de votre devoir de m'arrêter. Une nuit au commissariat me manque", a ironisé Khadija Rouissi, députée PAM et militante pour les droits de l'homme.

La présidente de la LDDF, qui a pu rentrer en contact avec les deux jeunes filles poursuives en justice pour leur tenue, nous narre le récit de leur arrestation.

"Les deux filles de 19 et 23 ans sont coiffeuses de profession. Le jour de leur arrestation, elles étaient effectivement habillées en robe. On les a déposées pour acheter du matériel pour la coiffure, lorsqu'un homme à commencé à les harceler. Refusant ses avances, elles ont vite été encerclées et malmenées par un groupement de commençants. Contrairement à ce qui a été diffusé sur les médias, ce sont les deux filles qui ont appelé la police après s'être réfugiées dans une boutique, craignant pour leur sécurité. Cette dernière n'a pas tardé à venir les embarquer. Les filles ont passé 24 heures au commissariat, mais elles ne savaient pas qu'elles étaient poursuivies en état de liberté puisqu'elles n'ont pas lu le procès verbal. Les deux refusent pour l'instant de s'adresser aux médias, l'une d'elles est fiancée et l'autre a tellement peur de ses parents".

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