MAROC
26/06/2015 14h:32 CET | Actualisé 26/06/2015 21h:05 CET

Attentats en Tunisie, au Koweït, en France... Le terrorisme sans frontières (CARTE INTERACTIVE)

ATTAQUES - Vendredi sanglant de part et d’autre de la Méditerranée. 37 personnes tuées près d’un hôtel à Sousse en Tunisie, au moins 25 morts dans un attentat contre une mosquée chiite au Koweït, un homme décapité dans son usine en Isère en France… Le 26 juin restera gravé d’une pierre noire.

Au Maroc, le ministère des Affaires étrangères a fait part de sa solidarité envers la Tunisie "à la suite de cet acte terroriste abject" et aux tentatives "visant à attenter à la stabilité du pays, à le plonger dans la crise économique et à entraver le processus de développement dans lequel il s'est engagé".

"Le risque zéro n'existe pas"

Pour Hassane Saoudi, consultant spécialiste de sécurité globale, ce n’est pas un hasard si les attaques perpétrées ont eu lieu le même jour, en plein ramadan. "Le but est de terroriser les populations: or comment mieux y parvenir si ce n’est en plein mois sacré, censé être une période de paix?", indique-t-il au HuffPost Maroc.

"Concernant l’attentat en Tunisie, c’est aussi une manière de viser le cœur de l’économie du pays, à savoir le tourisme, en cette période estivale", poursuit l’expert, qui estime que les attaques ne vont pas s’arrêter, et que tout le Maghreb arabe est concerné.

"Celui qui prétend être protégé est dans l’erreur. La menace est diffuse, et le risque zéro n’existe pas", martèle-t-il, ajoutant que les pays du Maghreb et les pays européens doivent plus que jamais coopérer pour éviter la contamination, "car le terrorisme n’a pas de frontière".

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Une menace régionale

Responsables politiques, associatifs et internautes ont également réagi aux diverses attaques terroristes. Pour Salah El Ouadie, président du mouvement Damir, qui défend les valeurs démocratiques, "c'est un crime abominable engagé contre des civils innocents et désarmés, mais c'est aussi le résultat d'un complot contre la transition réussie de la Tunisie", confie-t-il au HuffPost Maroc.

"J'attire l'attention du gouvernement marocain sur la gravité de la chose, car cela peut se produire au Maroc. Si les efforts louables consentis par les services de sécurité pour protéger les citoyens ont, jusqu'à présent, porté leurs fruits, il faut néanmoins rester très vigilant", prévient le leader associatif.

Même son de cloche chez Driss Lachgar, premier secrétaire de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), qui indique avoir suivi ces événements "avec beaucoup d’amertume". "Je pense que la menace terroriste ne plane pas que sur la Tunisie, mais sur toute la région, et cela est en train d'arriver après que les courants conservateurs et rétrogrades se sont rendus compte de leur échec politique", nous confie le leader du parti de la rose.

"Nous sommes tous concernés, car cela peut arriver n'importe quand et n'importe où. La problématique de l'insécurité au Maghreb nécessite que nous oeuvrions pour faire de cette région une région forte et stable", explique pour sa part Mehdi Bensaid, député PAM et président de la commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants. "J'espère que nos voisins de l'Est vont comprendre que, plus que jamais, nous avons besoin d'être solidaires".

"Un vendredi en plein ramadan..."

L’onde de choc s’est aussi répandue sur les réseaux sociaux. Parmi les divers messages postés sur Facebook ou sur Twitter, beaucoup d’internautes s’indignent du "timing" choisi par les terroristes pour commettre leurs attaques: "Au nom de la religion. Un vendredi en plein ramadan", écrit un internaute.

"Trouvez les erreurs: attentat terroriste de l’Etat islamique dans une mosquée. #Schizophrénie", écrit un autre. "Ramadan. Vendredi. Ok. Vous nous faites honte devant Dieu", tweete un troisième. Toujours sur Twitter, des appels à perpétrer les mêmes attaques au Maroc ont été relayés par de nombreux comptes.

Galerie photo Les internautes marocains régissent aux attentats Voyez les images

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