MAROC
19/06/2015 18h:20 CET | Actualisé 21/06/2015 07h:55 CET

Le président de PSA signe un accord industriel avec le ministre marocain de l'Industrie, Moulay Hafid El Alamy, en présence du roi Mohammed VI

Le président de PSA signe un accord industriel avec le ministre marocain de l'Industrie, Moulay Hafid El Alamy, en présence du roi Mohammed VI

AUTOMOBILE - Début d'une "offensive commerciale" en Afrique, PSA Peugeot Citroën a annoncé vendredi qu'il allait ouvrir une usine au Maroc en 2019, un investissement de 557 millions d'euros dont la capacité initiale sera de 90.000 véhicules par an. Ce projet industriel, prévu près de Kénitra pour répondre aux "besoins de la région et des clients marocains", s'inscrit dans le projet de PSA de faire de la région Afrique et Moyen-Orient "le troisième pilier de (sa) croissance" après l'Europe et la Chine, a précisé l'entreprise.

Le président du directoire de PSA, Carlos Tavares, a signé vendredi après-midi un accord industriel avec le ministre marocain de l'Industrie, Moulay Hafid El Alamy, en présence du roi Mohammed VI au palais royal à Rabat. L'usine "assemblera dès 2019 des moteurs et des véhicules du segment B et C", soit des voitures compactes et moyennes, le coeur du marché marocain. "Cette unité industrielle atteindra une production de 200.000 unités à terme, lorsque la demande commerciale le justifiera", selon PSA.

Un million de véhicules sur la région Afrique-Moyen-Orient

L'usine devrait représenter 4.500 emplois directs à pleine charge et 20.000 emplois indirects notamment chez les équipementiers, selon M. El Alamy. Il a évoqué un taux d'intégration, soit de pièces fabriquées sur place, de 60%, voué à passer à 80%. Avec ce projet, qui avait été divulgué de source syndicale vendredi matin, sans précisions sur le montant de l'investissement - que l'entreprise va partager avec des investisseurs publics marocains -, PSA souhaite "préparer dès aujourd'hui les conditions de réalisation de l'ambition commerciale d'un million de véhicules sur la région Afrique - Moyen-Orient à l'horizon 2025", quand le marché total de la zone selon lui atteindra huit millions d'unités.

M. Tavares, devant des journalistes à Rabat, a évoqué un "plan de croissance rentable" pour PSA, qui suivra l'actuel plan "back in the race" de reconstruction des fondamentaux de l'entreprise. Celle-ci a frôlé la faillite en 2014 et n'a dû son salut qu'à une arrivée au capital de l'Etat et de l'entreprise chinoise Dongfeng. Le groupe compte vendre 200.000 unités cette année dans la zone Afrique - Moyen-Orient et l'implantation au Maroc va y donner le coup d'envoi d'une "offensive commerciale" selon M. Tavares.

Zone franche

PSA, a-t-il rappelé, entretient une "relation historique, pour ne pas dire affective" avec l'Afrique. S'il respecte sa feuille de route, PSA commencera à produire des voitures au Maroc sept ans après son rival français Renault, qui a fait démarrer son usine de Tanger en 2012. Celle-ci produit à 90% pour l'export des véhicules à bas coût, et a permis le développement d'un tissu de sous-traitants et d'équipementiers dans la région dont va bénéficier PSA, a noté M. Tavares vendredi.

Comme Renault à Tanger, PSA va profiter à Kénitra d'une zone franche. La région va en outre s'équiper d'un port en eaux profondes, facilitant l'exportation de véhicules par mer vers des pays africains ayant conclu des accords douaniers avec le Maroc. Outre ces avantages, le royaume chérifien constitue un choix logique pour l'implantation d'un constructeur de voitures, explique à l'AFP Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem de l'automobile. "C'est un pays qui offre une certaine stabilité politique. D'un point de vue du coût de la construction et de la main d'oeuvre, il est bien placé", énumère-t-il.

Ford a annoncé fin mai qu'il allait lui aussi renforcer sa présence au Maroc, avec l'objectif de doubler le nombre de pièces qu'il acquiert sur place. Devant la presse, le ministre marocain de l'Industrie a évoqué l'intérêt d'autres constructeurs... avant de glisser les noms de Ford et de l'Allemand Wolkswagen au détour d'une phrase. M. Tavares a en outre confirmé que des discussions étaient en cours pour une implantation industrielle de PSA en Algérie. Renault a déjà franchi le pas en inaugurant fin 2014 une usine près d'Oran.

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