MAROC
12/06/2015 07h:32 CET | Actualisé 17/06/2015 13h:40 CET

"Faut-il brûler les homos"? La une provocante de "Maroc Hebdo" choque les internautes

"Faut-il brûler les homos"? La une provocante de "Maroc Hebdo" choque les internautes
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"Faut-il brûler les homos"? La une provocante de "Maroc Hebdo" choque les internautes

POLÉMIQUE – En titrant "Faut-il brûler les homos?" en couverture de son dernier numéro, le magazine Maroc Hebdo s'est attiré les foudres des internautes.

Publiée dès jeudi soir sur la page Facebook du magazine, la une a suscité d’innombrables commentaires sur les réseaux sociaux. "Ceci est une incitation à la haine!" écrit un internaute. "La tentation du sensationnel vous fait tomber dans l’abjection", écrit une autre. "C’est un torchon qu’on doit brûler", réagit un troisième.

maroc hebdo

La question de la dépénalisation de l’homosexualité est récemment revenue en force dans l’agenda médiatique. Emprisonnement de trois Marocains pour homosexualité à Taourirt dans l’Oriental, happening de deux militantes Femen françaises qui se sont embrassées devant la tour Hassan à Rabat, prestation remarquée du guitariste de Placebo à Mawazine, dont le torse était marqué du chiffre 489 barré (en référence à l'article de loi criminalisant l'homosexualité)…

Le magazine, qui avait déjà frappé fort en 2012 avec sa une sur l’immigration baptisée "Le péril noir", s’est invité cette fois-ci dans le débat sur la cause gay. Si la une est ultra-provoc, le contenu l’est (un peu) moins. Dans un premier article, un journaliste de Maroc Hebdo dresse un rappel des faits qui ont secoué l’actualité marocaine ces dernières semaines.

Le journal va même jusqu’à critiquer la "manœuvre" du ministère de l’Intérieur, qui avait donné, dans un communiqué, les noms et photos des deux homosexuels marocains arrêtés à Rabat pour s’être embrassés. La diffusion de leurs portraits par la chaîne Al Aoula, et les manifestations homophobes devant leurs domiciles avaient alors scandalisé une partie de la presse et de l’opinion publique.

L’écrivain Abdellah Taïa, homosexuel assumé, a même droit de cité dans les colonnes du journal. Interrogé par Maroc Hebdo sur sa position quant aux manifestations d’hostilité de la part d’une frange de la population marocaine, l’écrivain estime qu’elles sont "la suite logique du geste scandaleux de la télévision marocaine", qui "désigne les coupables et incite à leur lynchage".

Dans un second article, le journal se positionne néanmoins clairement contre la dépénalisation de l’homosexualité. "Une morale publique est à préserver, des valeurs religieuses aussi. Le législateur a en charge ces attributions et cette mission d’ordre public", écrit le journaliste, qui estime qu’il y a encore "tant à faire pour la consolidation des droits de l’Homme pour ne pas se fourvoyer dans un combat douteux d’une cause aussi marginale que celle de la dépénalisation de l’homosexualité!".

Très prompt à réagir sur les réseaux sociaux, le ministre de la communication n'a pour l'instant pas commenté la une du magazine.

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Galerie photo Réactions sur les réseaux sociaux sur la une de Maroc Hebdo Voyez les images

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