ALGÉRIE
05/06/2015 11h:50 CET | Actualisé 05/06/2015 12h:15 CET

"Dans le partenariat avec l'Union européenne, l'Algérie a donné plus qu'elle n'a reçu" estime Ramtane Lamamra

Archives

L’Algérie a recadré à Bruxelles ses relations avec l’Union Européenne en exigeant plus de respect mutuel et d’équilibre d’intérêts dans le développement de son partenariat avec l’UE, à l’issue de la 9ème session du Conseil d’association Algérie-UE qui s'est tenue le 4 juin dans la capitale belge.

Le ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères et de la coopération internationale, Ramtane Lamamra, a qualifié, jeudi à Bruxelles, les remarques de l’Union Européenne sur la question des droits de l’homme en Algérie d’"ingérence", et a exigé le respect de la souveraineté nationale.

"Si ailleurs, il y a une sous-culture qui voudrait qu’on s’ingère dans les affaires de la justice, ce n’est pas notre culture à nous en Algérie", a déclaré M. Lamamra lors d’un point de presse.

Le chef de la diplomatie algérienne répondait à une question d’un journaliste sur des observations faites par l'UE sur les droits de l’homme en Algérie.

M. Lamamra a, ainsi, affirmé que l’Algérie tenait au respect mutuel avec son partenaire européen et lui exige de ce fait le respect de sa souveraineté nationale.

"Nous respectons notre partenaire, nous demandons et nous exigeons même qu’il respecte notre souveraineté", a affirmé M. Lamamra en ajoutant: "Nous avons mis les points sur les i: respect mutuel et équilibre des intérêts".

LIRE AUSSI: Lamamra rejette "l'ingérence" de responsables européens "autocrates" dans les affaires de l'Algérie

Le ministre a précisé que pour ce qui concerne le partenariat général avec l’UE, beaucoup d’éléments et d'aspects doivent être améliorés tandis que d’autres doivent carrément changer, en précisant qu’il est temps aussi à la partie européenne "de changer ses attitudes à l’égard de l’Algérie".

"Dans ce partenariat, l’Algérie a donné plus qu’elle n’a reçu (…) cela fait dix ans depuis qu’on a conclu l’accord et une évaluation s’impose", a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse, animée à l’issue de la 9ème réunion du Conseil d’association Algérie-UE.

"Nous pouvons faire des adaptations dans la mise en oeuvre de ce document de telle sorte que les intérêts de l’Algérie soient pris en charge", a expliqué à l’APS M. Lamamra en indiquant que les circonstances de la conclusion de cet accord en 2002 ne sont plus les mêmes aujourd’hui aussi bien en Algérie qu’en Europe.

Révision

Les barrières tarifaires et non tarifaires imposées aux produits algériens, la baisse des investissements européens en Algérie, la réduction des parts de Sonatrach dans le marché gazier européen, sont des obstacles qu’il faut aplanir avec la partie européenne en vue d’équilibrer le partenariat économique bilatéral, a-t-il résumé.

La partie algérienne a eu aussi à relever la faiblesse de la dotation financière allouée à l’Algérie au titre de la programmation budgétaire 2014-2017 qui n’est pas à la mesure des objectifs ambitieux en termes d’appui à la gouvernance et à la diversification de l’économie, considérant qu’elle ne reflétait pas les avantages comparatifs de l’Algérie notamment en sa qualité de principal partenaire commercial et d’acteur majeur dans le maintien de la sécurité dans la région.

Le ministre n’a pas caché, par ailleurs, les préoccupations de l’Algérie concernant le nouveau plan d’action de la commission européenne visant à diversifier les sources d’approvisionnement en gaz de l’UE.

Ces préoccupations se rapportent aux projets de l’UE relatifs à la création d’une centrale d’achat de gaz et d’une plateforme euro-méditerranéenne de l’énergie. "Ces deux projets soulèvent des questions qu’il faut résoudre dans le cadre du dialogue économique avec le partenaire européen", a estimé M. Lamamra

Sur le plan sécuritaire, M. Lamamra a réitéré le refus de l’Algérie d’abriter une base de drones dans le cadre de l’opération navale, lancée par l’UE en mai dernier pour combattre le trafic de migrants dans la méditerranée.

M. Lamamra a indiqué que l’UE est tenue d’expliquer tous les composants de cette action qui est proche des initiatives lancées dans le cadre de la lutte contre la piraterie dans le Golfe d’Aden.

LIRE AUSSI:Amara Benyounes fait un constat négatif de l'accord d'association Algérie-UE

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.