MAROC
01/06/2015 13h:52 CET | Actualisé 01/06/2015 13h:56 CET

Union constitutionnelle : Mohamed Sajid, l'opposition fair-play

Union constitutionnelle : Mohamed Sajid, l'opposition fair-play
MAP
Union constitutionnelle : Mohamed Sajid, l'opposition fair-play

CONCILIATION - Depuis sa nomination à la tête de l'Union constitutionnelle (UC) fin avril, le maire de Casablanca Mohamed Sajid tranche avec le discours habituel des partis de l'opposition, en privilégiant des prises de position mesurées, en exprimant des avis opposés à ceux de son camp. Au point de se demander s'il est vraiment dans l'opposition...

"Nous ne pouvons nier que ce gouvernement a réalisé de très belles choses". La déclaration n'émane pas d'un sympathisant de la majorité, mais d'un secrétaire général d'un parti de l'opposition. Jeudi 28 mai, Mohamed Sajid était l'invité de l'émission 90 minutes pour convaincre, diffusée sur Médi1 TV. Critique envers le gouvernement, sans pour autant tomber dans ce qu'il juge, un brin moqueur, "une opposition systématique et automatique", Mohamed Sajid n'a pas dérogé à l'image de l'homme conciliant et réaliste qui lui a permis de se hisser à la tête du parti.

L'opposition grince des dents

Début mai, c'est au forum de la MAP que le secrétaire-général de l'UC a eu l'occasion de se distinguer, pour la première fois, des autres chefs de partis de l'opposition. Questionné sur le discours politique au Maroc, il a répondu que "le débat est nécessaire à la vie politique, mais il est exigé de la majorité et de l'opposition de gérer leurs désaccords dans le respect mutuel".

De quoi faire grincer les dents des chefs des partis de l'opposition qui, s'ils ne cautionnent pas les prises de position de Mohamed Sajid, ne s'y opposent pas ouvertement non plus. "L'Union constitutionnelle est un petit parti, dont les prises de position sont sans véritable incidence sur la marche des choses", déclare, sur un ton diplomatique, un membre de l'Istiqlal, avant de confier que "le discours du parti ne remplit pas forcément le 'cahier des charges' de l'opposition, et parfois, l'UC se rend même coupable de tirs amis, mais il faut de tout pour faire un bloc politique".

Realpolitik

A l'UC, on estime qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil. "Le discours de Sajid n'est pas si inédit que ça. Les prises de position de Mohamed Labied, l'ancien secrétaire-général du parti, ne diffèrent pas de celles de Sajid. Seulement, Labied était beaucoup plus discret sur le plan médiatique", explique un membre du parti, qui ne voit pas dans ce discours une hérésie ou une trahison envers les autres composantes de l'opposition.

"Chaque formation politique a son identité propre. L'Union constitutionnelle est un parti de cadres et de gens honnêtes, qui s'opposent lorsqu'il faut s'opposer. Il serait incohérent que nous nous soulevions contres des mesures de libéralisation que l'UC a longtemps défendu et que ce gouvernement a pu réaliser". S'il reconnait que "ce discours n'est pas porteur, sur le plan électoral", notre UCiste jure que "le parti préfère remporter deux sièges en conservant le même discours, plutôt que d'en adopter un, plus mobilisateur, mais qui serait éloigné de la la ligne politique du parti".

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