ALGÉRIE
01/06/2015 16h:45 CET | Actualisé 01/06/2015 16h:57 CET

Journée internationale de l'enfance: 1.726 enfants victimes de violence en 2015, dont 517 à caractère sexuel (DGSN)

"Beaucoup reste à faire". Tel est le constat, amer, fait par Kheira Messaoudène, commissaire divisionnaire et chef du bureau de protection de l'enfance à la Direction générale de la Sûreté Nationale (DGSN), invitée de la rédaction de la Chaîne III de la Radio Algérienne, ce dimanche 01 juin, à l'occasion de la Journée internationale de l'enfance.

Plus de 6.000 actes de violence ont été commis à l'encontre des enfants durant l'année 2014. 3.533 cas sont liés à des maltraitances physiques, dont 1.663 des sévices sexuels. 1.700 autres cas ont été constatés en 2015, dont 517 pour des motifs sexuels, a confirmé la commissaire divisionnaire de la DGSN.

Quelque 195 cas de disparition d'enfants ont, par ailleurs, été signalés en 2014. En 2015, la Sûreté nationale a recensé 195 cas de tentatives ou d'agressions sexuelles, a rajouté Mme. Messaoudène.

"Il reste beaucoup à faire", a réitéré cette responsable. Pour lutter contre ces formes de violences à l'égard des enfants, Kheira Messaoudène a annoncé la création à travers le pays d'une cinquantaine de brigades de protection de l'enfance,dont trois mobilisées au niveau de la capitale, a rapporté la même source.

Évoquant les agressions sexuelles à l'égard des enfants, la représentante de la DGSN a reconnu la difficulté à détecter des cas se produisant en milieu familial. Ce n'est qu'à la suite de la fugue d'un enfant ou de son hospitalisation que les éléments de la Sûreté nationale sont alertés.

Absence de la "culture de la dénonciation"

Cette commissaire a aussi annoncé la création d'un numéro vert destiné aux alertes sur des sévices subis par des enfants. Elle déploré l'absence de la "culture de la dénonciation", nourrie par la passivité des citoyens. Mme. Messaoudène a estimé qu'il faut apprendre à l'enfant à se défendre et contacter les services de police pour alerter des sévices subis.

L'invitée de la rédaction de la chaîne III a aussi commenté l'usage des jeunes enfants dans les pratiques de mendicité, affirmant que la DGSN mène des campagnes pour éradiquer cette situation, avouant que ses éléments "tournent en rond", faute de centres d'accueil.

La commissaire a, en outre, fait état de la création d’unités spéciales, chargées de surveiller les infractions, souvent très graves, "observées sur les réseaux sociaux donnant à voir des scènes de violences contre des enfants.

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1.365 enfants impliqués dans des affaires criminelles

Selon la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), 1365 enfants impliquées dans des affaires criminelles, dont 438 enfants dans des affaires de vols, 67 dans l'association de malfaiteurs et 75 mineurs dans des affaires de moeurs. 81 autres consomment quant à eux de la drogue.

La DGSN a aussi révélé que 7 mineurs sont impliqués dans des affaires de violence contre ascendants, et 7 autres dans des affaires de violences causant la mort des victimes.

Parmi ces enfants impliqués dans ces affaires criminelles, 19 enfants ont moins de dix ans. La tranche d'âge la plus concernée par les actes de délinquance est constituée par ceux âgés de 16 à 18 ans. Ils sont au nombre de 858 et représentent 62.86% du total. Ils sont suivis immédiatement par les 13-16 ans au nombre de 423, soit 30.99%.

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Ils seraient pourtant les plus heureux

Selon l'étude "Children’s World"; publiée ce mois-ci par la fondation allemande Jacob, les enfants algériens sont les 4e plus heureux et plus satisfaits "au monde", devant les enfants allemands, norvégiens et anglais. Ils cumulent . Les enfants algériens cumulent un score de 8.9/10, et les plus satisfaits au monde (9.1).

Ils sont même 5e plus optimistes quant à leur avenir (8.7), derrière la Roumanie, la Turquie, la Colombie et la Norvège.

Plus de 53.000 enfants, âgés de 8 à 12 ans avait été concerné par cette étude. Children’s World a travaillé sur un échantillon de 3.676 enfants algériens, dont 1.244 âgés de 8 ans, 1.149 âgés de 10 ans et 1.283 de 12 ans. 52% de l'échantillon est composé de garçons contre 48% de filles.

Selon cette organisation, l’Algérie figure dans le top 3 des pays où il fait bon pour les mineurs de vivre en famille. Le pays figure toutefois en bas du classement des relations sociales et amicales pour ses enfants.

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