28/05/2015 08h:58 CET | Actualisé 28/05/2015 10h:20 CET

La Banque Centrale Populaire élue "banque africaine de l'année"

Distinction: Comment la BCP a réussi à s'imposer sur le continent africain
Distinction: Comment la BCP a réussi à s'imposer sur le continent africain

FINANCE - Les banques marocaines semblent continuer leur irrésistible expansion en Afrique, comme en témoigne le prix de "banque africaine de l’année", octroyé hier soir au groupe banque centrale populaire, lors de la 9ème édition des trophées African Banker à Abidjan.

"Lorsque nous avons fait le choix de racheter Banque Atlantique il y a trois ans, personne n’aurait imaginé que nous en serions là aujourd’hui, beaucoup ont pensé que nous étions des aventuriers, pourtant, le résultat est là", confie au Huffpost Maroc un membre du management du groupe, ravi de la distinction obtenue par son établissement.

En effet, pour la "vieille dame" des institutions bancaires du royaume, l’internationalisation ne semblait pas, à première vue, un choix stratégique évident. Certaines de ses consoeurs –Attijari en tête et la BMCE- disposaient en effet d’un ancrage africain plus substantiel, et d’un avantage compétitif du fait de leur plus grande flexibilité.

Pour la BCP, il fallait donc mener un double chantier en parallèle, celui de la conduite du changement pour rendre le mastodonte plus agile, et celui de la recherche de croissance externe en visant des cibles africaines qui n’entraveraient pas la réforme structurelle de la banque.

En 2011, après avoir mené un certain nombre de chantiers de fond telle l’autonomisation des banques régionales et la rationalisation de son capital, la Banque centrale populaire s’intéresse donc au dossier de la vente de Banque Atlantique, un conglomérat de huit petites banques ouest-africaines. Le dossier est réputé ardu, et plusieurs grandes banques internationales s’y sont cassées les dents, dont Banque Populaire Caisse d’Epargne (BPCE France), qui a préféré jeter l’éponge après quelques rounds de négociations.

Mais les difficultés n’ont pas entravé la volonté de la BCP de s’investir dans le dossier, car à l’époque, la banque marocaine souhaite avoir une tête de pont en Afrique qui lui permettrait d’être immédiatement opérationnelle dans plusieurs pays. L’objectif poursuivi est de diviser le risque et de bénéficier d’un effet de taille pour mieux "intégrer".

L’opération est donc bouclée en 2012, sous la houlette discrète de Mohamed Benchaaboune, nommé à la tête de la banque en 2008 après avoir dirigé le régulateur télécoms marocain, l’ANRT.

Pour cet ingénieur diplômé de Telecom Paris Tech, l’enjeu n’est pas tant d’obtenir sa place dans la cénacle des grands patrons "africanistes" du Maroc, mais bel et bien d’assurer au Groupe Banque Populaire un relais de croissance significatif sur le continent. Le pari semble réussi jusqu’à aujourd’hui, puisque Banque Atlantique connaît depuis 2012 une progression de son PNB à deux chiffres (+18% en 2014 à près de 140 millions d’Euros).

LIRE AUSSI:

Retrouvez les articles du HuffPost Maroc sur notre page Facebook.