MAROC
27/05/2015 13h:56 CET | Actualisé 27/05/2015 17h:15 CET

Interdiction de "Much Loved" au Maroc: Les professionnels du secteur défendent la liberté d'expression avant tout

Interdiction de "Much Loved" au Maroc: Les professionnels du secteur défendent la liberté d'expression avant tout
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Interdiction de "Much Loved" au Maroc: Les professionnels du secteur défendent la liberté d'expression avant tout

CENSURE - Suite à l’interdiction de diffusion du dernier film de Nabil Ayouch au Maroc, les professionnels du cinéma montent au créneau. Dans un communiqué de la Chambre nationale des producteurs de films, l’interdiction faite par le ministère de la Communication est jugée "illégale", "anti-démocratique" et "anticonstitutionnelle".

La Chambre se dit "étonnée" par cette décision qui s’avère "dangereuse pour l’avenir du cinéma marocain", et qui remet en cause "l’indépendance juridique, administrative et financière" du Centre cinématographique marocain.

Ce dernier devient "une antenne du ministère de la Communication", selon la Chambre, qui appelle également les responsables du secteur à se soulever contre cette décision, qui "sème la terreur" dans le milieu.

"Une aberration"

Pour Naoufel Berraoui, président de l’Union des réalisateurs auteurs marocains (URAM), interrogé par le HuffPost Maroc, cette décision est une "aberration", puisque Nabil Ayouch n’avait pas encore formulé de demande de visa d’exploitation.

"Le film n’était donc pas passé devant la Commission de visionnage des films, composée de membres de divers ministères et instances", rappelle M. Berraoui. "On refuse quelque chose qui n’a même pas été demandée, et sur la base de quelques extraits seulement. C’est illégal", indique-t-il, martelant qu’il faut respecter la liberté d’expression et de création avant tout.

"Les gens devraient avoir le droit d’aller voir ou non ce film au cinéma. Personne n’a le droit de décider à leur place", estime-t-il, gardant tout de même espoir que le ministère revienne sur sa décision.

Un deuxième "Exodus"

"C’est une atteinte à la liberté d’expression", déclare pour sa part Hassan Belkady, propriétaire des cinémas ABC, Rif et Ritz à Casablanca. "Il y a un flou concernant la décision du ministère. Que censure-t-on: le langage? Les images? Le ministère veut défendre l’image du Maroc. Mais le film sort déjà à l’étranger!", s’indigne M. Belkady.

"Au Maroc, tout le monde regardera le film en DVD piratés… On refait la même erreur qu’avec Exodus", explique M. Belkady, faisant référence à l’interdiction puis la censure de certaines scènes du film biblique de Ridley Scott, sorti au Maroc en janvier dernier.

"La classe politique se voile la face. La prostitution, l’homosexualité et le langage vulgaire sont une réalité vécue au quotidien par de nombreux Marocains. Ce que reflète Ayouch n’est rien d’autre que cela", conclut l’exploitant, qui déplore également une perte d'argent pour la salles obscures marocaines.

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