MAGHREB
26/05/2015 09h:21 CET | Actualisé 26/05/2015 09h:24 CET

Tunisie: Ennahdha appelle au dialogue et au consensus dans l'élaboration de la réforme du système éducatif

Tunisian leader and founder of the moderate islamist party Ennahda, Rached Ghannouchi, chairs an executive board at the party's headquarters in Tunis, Thursday, Oct. 27, 2011. Authorities say the latest results from Tunisia's landmark elections indicate the moderate Islamist party is holding onto its lead, taking at least 44 percent of seats counted so far for an assembly tasked with writing a new constitution. (AP Photo/Benjamin Girette)
ASSOCIATED PRESS
Tunisian leader and founder of the moderate islamist party Ennahda, Rached Ghannouchi, chairs an executive board at the party's headquarters in Tunis, Thursday, Oct. 27, 2011. Authorities say the latest results from Tunisia's landmark elections indicate the moderate Islamist party is holding onto its lead, taking at least 44 percent of seats counted so far for an assembly tasked with writing a new constitution. (AP Photo/Benjamin Girette)

Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahdha, a appelé lundi à la mise en œuvre "urgente" d'une réforme du système éducatif.

Il a ainsi demandé aux autres partis politiques de participer ensemble à une démarche qui s'appuirait sur le consensus et le dialogue, pour trouver un nouveau système éducatif en Tunisie.

"L'éducation est une affaire nationale. Tout changement à ce niveau est stratégique" a indiqué Rached Gannouchi en marge d'une conférence, baptisée 'la réforme éducative: réalité et défis' organisée par le mouvement Ennahdha au siège du parti.

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"La réforme du système éducatif doit être mûrement réfléchie et faire l'objet d'une consultation nationale élargie, a-t-il proposé, appelant à la nécessité de ne pas entamer l'exécution de la réforme à partir de la prochaine année scolaire."

"Une seule personne n'a pas le droit de décider de l'avenir des générations futures", a-t-il dit comme ce fut le cas sous le régime Ben Ali.

"Aucun parti ne peut s'arroger le monopole de bâtir et de décider de l'avenir des générations futures de la Tunisie comme c'était le cas sous l'ancien régime", a-t-il insisté.

Il a estimé que "l'enseignement durant la première République, malgré certaines insuffisances, a été solide et a permis l'émergence d'une élite" contrairement à l'éducation sous Ben Ali "marquée par un nivellement par le bas et par la détérioration du système éducatif et la prolifération du chômage dans les rangs des diplômés du supérieur".

"le système éducatif en Tunisie a échoué (...) aucune université tunisienne ne figure dans le classement des 50 premières universités arabes" a-t-il indiqué.

"Le système éducatif est malade"

Un système éducatif qui dit-on, "fabrique des potentiels terroristes", une semaine bloquée retardée, une grève, un interminable bras de fer entre syndicalistes et ministère de l’éducation, des élèves qui ripostent par la violence, des parents inquiets, tout le monde se jette la responsabilité de l’échec d’un système éducatif épuisé et épuisant.

Cette crise parait passagère. Elle a fait la Une des médias tunisiens mais sera reléguée au second plan, actualité oblige. Mais justement, à chaque attaque terroriste, la dernière au musée de Bardo, on peste contre un système éducatif, responsable de la naissance de ce fléau.

Un enseignement gratuit et de qualité était le pari de la Tunisie indépendante, lorsque l'Etat réservait une grande partie de son budget à cette cause. Mais avec l'absence de réformes structurelles et les années de dictature, le système éducatif tunisien est plus que jamais critiqué.

"Le système éducatif est malade, les calmants qu’on injecte de temps à autres à travers des réformes périodiques ne marchent plus, tellement inadaptées, pire, ils infectent encore le système. Il faut avant tout chercher les causes profondes de cette maladie pour pouvoir prescrire le traitement approprié", avait estimé Adel Haded, directeur général chargé des programmes et de la formation continue au sein du ministère de l’Education, dans une déclaration au HuffPost Tunisie.

Pour pallier à ces manques, le ministère de l'Éducation avait dressé un carnet de route afin d’intervenir au profit de 1000 établissements tunisiens après avoir mobilisé des ressources financières nécessaires.

Le HuffPost Tunisie a listé les mesures annoncées par le ministère de l'Éducation:

  • Améliorer les services scolaires (transport, nourriture et hébergement) notamment en ce qui concerne les établissements situés dans les zones rurales
  • Réactiver les clubs d’animation culturelle et sportive au sein des institutions pour permettre à l’école reprendre son rôle dans la construction de la personnalité de l’enfant.
  • Proposer l’organisation d’une campagne nationale de santé durant 3 mois (dépistages des maladies contagieuses) en collaboration avec les ministère des Affaires sociales et de la Santé
  • Adopter des campagnes de prévention contre ces maladies
  • Soumettre à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) un projet de loi criminalisant la violation des établissements éducatifs.

Une situation urgente notamment dans les régions intérieures

Dans un reportage, le HuffPost Tunisie avait fait le tour de plusieurs écoles dans les zones rurales du Kef et de Sidi Bouzid, enseignants, institutions se démènent pour acquérir aux élèves les mécanismes fondamentaux de l’expression, de la lecture et du calcul.

Une mission souvent mise à mal par l'absence de moyens, des difficultés d’accès et l’abandon précoce.

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Galerie photo Au coeur des écoles primaires du gouvernorat de Sidi Bouzid Voyez les images

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