MAGHREB
25/05/2015 14h:28 CET | Actualisé 27/05/2015 07h:22 CET

Tunisie: Front médiatique contre la naissance de l'association pro-LGBT "Shams"

Members of the LGBT movement hold a gay pride flag as they attend a march to mark the International Day Against Homophobia in Managua, Nicaragua, Sunday, May 17, 2015. (AP Photo/Esteban Felix)
ASSOCIATED PRESS
Members of the LGBT movement hold a gay pride flag as they attend a march to mark the International Day Against Homophobia in Managua, Nicaragua, Sunday, May 17, 2015. (AP Photo/Esteban Felix)

À peine une semaine après que l'association Shams, militant pour la dépénalisation de l'homosexualité en Tunisie, a obtenu ses statuts, un front médiatique a surgi pour dénoncer l'initiative.

"Quelle est l’utilité de ce genre d’associations pour les Tunisiens?", demande un édito du quotidien arabophone Essabah le 23 mai, où l'homosexualité est définie comme "une pathologie ou une aberration".

Le quotidien affirme par ailleurs que l'initiative pourrait servir les "mouvements extrémistes", qui sauraient se servir "de l’existence d’une telle association pour resserrer l’étau autour des Tunisiens, sous prétexte de 'dépravation' et de 'dissolution des mœurs' ".

Essabah annonce par ailleurs que légaliser l'homosexualité reviendrait à "devancer même les sociétés les plus avancées en matières de libertés". A noter que 77 pays (sur 197) pénalisent encore les personnes LGBT.

Toujours le 23 mai, le journal Adhamir y est également allé d'un édito en dénonçant "un paysage actuel extrêmement surréaliste".

Le quotidien y affirme que le sujet n'est pas une priorité et avance que "les Tunisiens rejettent, dans leur majorité, ce phénomène et le considèrent comme contraire à la nature humaine et aux préceptes de l’islam".

Le 21 mai, la journaliste de MosaïqueFM et membre du bureau exécutif du Syndicat national des journalistes tunisiens Sayda Hammami avait déjà qualifié l'homosexualité de "comportement contraire à la nature" et l'avait comparé à la "pollution de l'environnement".

L’association “Shams”, pour la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie a obtenu son visa d’activité lundi 18 mai, au lendemain de la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.

“L’association est désormais légale, après des mois de tergiversations de la part des autorités”, s’était réjoui Sofien Trabelsi, directeur exécutif de l’association.

Les relations homosexuelles sont interdites en Tunisie et passibles de trois ans de prison ferme.

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