MAROC
22/05/2015 13h:30 CET

Critiques ciné: Bonnes et mauvaises passes pour "Much Loved" de Nabil Ayouch

Critiques ciné: Bonnes et mauvaises passes pour "Much Loved" de Nabil Ayouch
Virginie Surdej
Critiques ciné: Bonnes et mauvaises passes pour "Much Loved" de Nabil Ayouch

CRITIQUES - Projeté à la Quinzaine des réalisateurs dans le cadre du festival de Cannes, "Much Loved" de Nabil Ayouch a donné lieu a des réactions mitigées auprès des critiques internationaux. Florilège.

Le JDD: un film qui "pulvérise les tabous"

Un récit "édifiant" qui "puise sa force dans l’authenticité de son scénario, pour dénoncer l’hypocrisie d’une société conservatrice qui tolère le commerce du sexe quand d’importants intérêts économiques sont en jeu tout en le réprimant sévèrement". Le Journal du dimanche ne tarit pas d'éloge à propos du dernier film de Ayouch.

"Much Loved" "pulvérise les tabous, en filmant les scènes d’amour ou la manière abjecte dont la femme est traitée comme un morceau de viande par des Saoudiens richissimes et une police marocaine corrompue. Il porte un regard plein de tendresse sur ses héroïnes, dont on se sent immédiatement solidaire. Une chronique engagée, sans langue de bois, qui ne dérape pas dans le voyeurisme, pleine d’humanité et de courage".

Libération: "Cette fiction à la texture docu recueille une parole libérée"

Libération estime pour sa part que "la projection du nouveau film de Nabil Ayouch à la MJC de Cannes La Bocca devant un parterre de retraités a provoqué quelques hauts le cœur", en raison des scènes où l'une des trois protagonistes "constate au détour d’une phrase qu’elle sait "faire le huit avec son cul", ou encore quand son acolyte déclare avoir "la chatte en sang"...

Pour Libé, "cette fiction à la texture docu recueille une parole libérée, précisément l’inverse du babil amoureux auquel se réfère le titre qui demande sans cesse à ses héroïnes de négocier la zone grise entre rapport tarifé et amoureux", sans pour autant verser "dans le voyeurisme sordide ou la leçon de morale dispensée en surplomb".

Le Parisien: "Un film à la fois dérangeant, authentique, vibrant et souvent joyeux"

Même son de cloche chez Le Parisien, qui trouve le "film à la fois dérangeant, authentique, vibrant et souvent joyeux, paradoxalement. Cette plongée dans les nuits chaudes de Marrakech a été applaudie. Les quatre jeunes actrices se révèlent absolument remarquables de naturel".

Seul reproche du Parisien, le fait que "les personnages masculins, en revanche, en prennent pour leur grade, en particulier dans les scènes de sexe où ils sont parfois un peu trop ridiculisés."

Le Monde: "Much Loved" "pèche par son ambiguité"

Isabelle Regnier, journaliste au Monde, n'a pas applaudi le film de Ayouch, loin s'en faut. Elle estime ainsi que "Much Loved" "pèche par son ambiguïté", critiquant "l’attitude affichée de briseur de tabous de l’auteur, les bons sentiments dont il se drape en faisant de ses héroïnes les victimes expiatoires d’une société corrompue jusqu’à l’os", qui "n’effacent pas le regard concupiscent qu’il pose sur ses actrices".

D'autant plus que "s'il prend le parti d’éluder les scènes de sexe tarifé, pour leur opposer une scène d’amour véritable, il tourne celle-ci comme s’il faisait un porno".

Le Hollywood Reporter: Ayouch a su "examiner le coût économique et émotionnel de la prostitution"

Le Hollywood Reporter trouve que Ayouch a su "examiner le coût économique et émotionnel de la prostitution au Maroc", et que le film se caractérise par un "sens de l'intimité et de l'immédiateté". Le magazine juge que le réalisateur a pu "traiter le sujet avec un regard neutre et profond", et qu'il "n'a jamais reculé devant l'ampleur de la tâche consistant à analyser la société marocaine".

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