MAROC
18/05/2015 11h:33 CET | Actualisé 18/05/2015 13h:28 CET

Théâtre: "Le rouge du tarbouche" d'Abdellah Taïa adapté sur les planches

Théâtre: "Le rouge du tarbouche" d'Abdellah Taïa adapté sur les planches
Festival de Cine Africano de Córdoba/Flickr
Théâtre: "Le rouge du tarbouche" d'Abdellah Taïa adapté sur les planches

ARTS VIVANTS - Le metteur en scène français Frédéric Maragnani vient d’adapter au théâtre le roman d’Abdellah Taïa “Le rouge du tarbouche” dans le cadre du projet La Bibliothèque des livres vivants qui soutient une lecture théâtrale de livres classiques ou contemporains. La première a lieu le 15 mai à L’Institut français de Casablanca et deux autres représentations sont prévues à Rabat et Marrakech. Rencontre avec Frédéric Maragnani.

HuffPost Maroc: En quoi consiste le projet “La Bibliothèque des livres vivants” ?

Frédéric Maragnani: Amoureux de littérature et de cinéma, j’avais envie de mettre en scène autre chose que des pièces de théâtre. J’avais en tête le livre “Fahrenheit 451” de Ray Bradbury et son adaptation par François Truffaut. Un livre et un film de science-fiction qui racontent l’histoire d’une société où il n’y a plus de livres, ou l’écrit est interdit. Les livres ont tous été brûlés, seule l’image existe. Des résistants se rassemblent et, pour perpétuer la mémoire de la littérature, ils ont appris des livres par coeur. Il pensent qu’un jour ils gagneront. Que le gouvernement non démocratique finira par s’effondrer. Et qu’à ce moment là, ils réimprimeront les livres car ils les auront mémorisés. Je me suis inspiré de cette histoire pour le projet, qui consiste à demander à des acteurs d’apprendre des livres mais pas forcement en entier. Puis de les restituer dans une mise en scène afin de composer au fur et à mesure une bibliothèque, une grande famille de livres. L’objectif est de créer un livre, le mettre en parole et en image.

Comment est née l’adaptation du roman « Le rouge du tarbouche » d’Abdellah Taïa à Casablanca ?

J’ai eu l’occasion de rencontrer Alban Corbier Labasse, le directeur de l’IF de Casablanca à Bordeaux. Il m’a proposé d’adapter deux livres à Casablanca dont “Le rouge du tarbouche” d’Abdellah Taïa. J’ai voulu travailler en particulier sur ce roman car il traite de la question de l’exil. Abdellah Taïa est exilé du Maroc, il est franco-marocain mais il n’est plus réellement marocain. Et comme il le dit très bien dans ses livres, on ne devient pas pour autant parisien du jour au lendemain. C’est sa trajectoire d’écriture qui me touche, entre l’exil du corps car lié à l’acceptation d’une sexualité différente, à savoir son homosexualité, et l’exil des mots, puisqu’il écrit dans une langue qui n’est pas la sienne. “Le rouge du tarbouche” est le neuvième livre de la Bibliothèque des livres vivants. Abdellah Taïa est l’un des deux auteurs contemporains que j’ai intégrés à cette bibliothèque, il côtoie Lewis Carroll, Albert Camus, Janes Bowles ou Colette.

Abdellah Taïa est-il intervenu dans le processus de création de pièce? A-t-il assisté aux répétitions ?

Non pas du tout. Il m’a donné son accord quand je l’ai rencontré à Paris. On a beaucoup discuté du fonctionnement de la Bibliothèque des livres vivants. Il m’a dit : «Je ne me souviens plus trop du sens de mon texte, je l’ai écrit il y a plus de dix ans. Prenez mon roman et faites en ce que vous avez envie». Il n’a pas assisté aux répétitions et vu la pièce tirée de son livre pour la première fois lors de la représentation à Casablanca. Je tiens à préciser que je revendique la mise en scène comme étant une lecture subjective qui détourne de son essence première le texte.

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