MAROC
16/05/2015 07h:31 CET | Actualisé 17/05/2015 09h:38 CET

Festival Gnaoua: Tony Allen, le "king" de la baguette à Essaouira

Wikimeda

MUSIQUE - À bientôt 75 ans, Tony Allen, petite boucle à l’oreille et lunettes noires, n’a pas pris une ride. Le roi de la baguette s’est produit, vendredi 15 mai, sur la scène Moulay Hassan à Essaouira,dans le cadre du Festival Gnaoua et Musiques du Monde.

Lors d’une fusion particulièrement réussie avec le maâlem marocain Mohamed Kouyou , le batteur nigérian a fait ce qu’il savait faire de mieux: transporter le public sur les rythmes entraînants de son instrument fétiche depuis plus de cinquante ans, la batterie.

Celui que certains grands de la musique considèrent comme un des meilleurs batteurs de tous les temps, confie partager avec les Gnaouas l’amour des racines musicales africaines et du rythme traditionnel en "6-8", qui a bercé ses oreilles pendant son enfance au Nigéria.

Originaire de la ville de Lagos, il a d’abord su s’imposer sur tout le continent africain en créant, dans les années 70, avec le célèbre chanteur et saxophoniste Fela Kuti, le style "afrobeat". Un savant mélange de sonorités traditionnelles du Nigéria, de funk, de highlife-jazz et de chant, sur fond de revendications révolutionnaires des Black Panthers, venues des Etats-Unis.

Après avoir pris ensuite ses distances avec la musique engagée – il explique aujourd’hui que faire de la politique n’est pas sa "mission" – Tony Allen part à la conquête de nouvelles sonorités, au-delà de l’Afrique.

Il entame alors plusieurs collaborations en France et en Angleterre, avec des artistes aussi bien électro (Sébastien Tellier ou Air) que rock (Blur). C’est d’ailleurs avec le leader de ce dernier groupe qu’il ouvre une nouvelle étape dans sa carrière en intégrant, dans les années 2000, la formation The Good, The Bad and The Queen, puis le groupe Rocket Juice and The Moon.

Aujourd’hui, le batteur opère un retour aux sources de l’afrobeat avec son album "Film of Life", paru en octobre dernier. Un album qui sonne comme une rétrospective sur sa vie et sa carrière, mais qui n’est, tient à rappeler le septuagénaire, pas encore un aboutissement.

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