MAGHREB
14/05/2015 08h:13 CET | Actualisé 14/05/2015 11h:42 CET

Tunisie: "Mort suspecte" d'un détenu à Sidi Bouzid: La police pointée du doigt par des organisations contre la torture

Facebook/OCTT

Suite à la mort le 13 mai d'un homme, Abdelmajid Jedday, durant sa garde à vue dans un poste de la garde nationale à Sidi Bouzid, l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et l'Organisation contre la torture en Tunisie (OCTT) ont appelé les autorités à ouvrir une enquête sur les circonstances de cette "mort suspecte".

"La version officielle des autorités est le suicide mais nous avons de sérieux doutes sur cette version pour plusieurs raisons", a affirmé au Huffpost Tunisie Hend Khechine, membre de l'OMCT qui "appelle les autorités" à ouvrir "une enquête sérieuse et impartiale à ce sujet".

Abdelmajid Jedday aurait déjà été arrêté en février dernier pour une affaire de vol. Après son arrestation, il aurait contacté un centre d’assistance aux victimes de torture à Sidi Bouzid, "accusant des agents du poste de la garde nationale de Bir Lahafay et des agents de la brigade d’investigations et de recherches de la garde nationale de Sidi Bouzid de l'avoir torturé", indique-t-elle.

La personne aurait également porté plainte contre ces agents le 14 avril 2015 au tribunal de première instance de Sidi Bouzid.

"Nous craignons que cette mort soit un acte de représailles de la part des agents de police car il a été arrêté par la même brigade à Sidi Bouzid contre laquelle il a porté plainte", poursuit-elle.

De son côté l'Organisation contre la torture en Tunisie rappelle qu'il s'agit du troisième cas de "mort suspecte" récente après celles de Lotfi Hamida et de Abdelmoneem Zayani dans les prisons de Messedine et Mornaguia, en avril.

L'OCTT a appelé l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) à former une commission pour enquêter sur la mort de Abdelmajid Jedday, rappelant qu'elle a déjà prévenu le ministère de l'Intérieur "des dangereuses atteintes aux droits humains" et qu'elle a invité les blocs parlementaires à auditionner les ministres de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé sur les morts suspectes et la torture.

"Mais ces invitations sont restées sans réponse, ce qui indique que les autorités ne se soucient pas de la vie et de la dignité des Tunisiens", a déploré l'organisation dans un communiqué.

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