MAGHREB
14/05/2015 10h:06 CET | Actualisé 14/05/2015 10h:06 CET

Le Burundi plongé dans la confusion au lendemain d'une tentative de coup d'État

INTERNATIONAL - Le flou règne toujours au Burundi au lendemain d'une tentative de coup d'Etat contre le président burundais Pierre Nkurunziza, en déplacement à l'étranger, selon des témoins et sources militaires.

Alors que les tirs à l'arme lourde ont cessé jeudi en milieu de matinée à Bujumbura, le porte-parole des putschistes Vénon Ndabaneze a assuré que son camp contrôlait "pratiquement toute la ville".

Il reste cependant impossible de dire qui a vraiment les rênes du pouvoir dans la capitale. La Radio et télévision nationales (RTNB) sont notamment toujours aux mains des militaires et policiers loyaux à Pierre Nkurunziza, dont des partisans ont d'ailleurs attaqué des radios privées burundaises, dont la très populaire RPA, et la principale télévision indépendante du pays.

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Le président en lieu secret

Le président se trouve lui toujours à Dar es Salaam, en Tanzanie, où il était en déplacement officiel mercredi au moment de l'annonce du coup d'Etat, selon une source au sein de la présidence tanzanienne.

"Il est à Dar es Salaam, nous ne pouvons pas dire où", a dit cette source sous couvert d'anonymat, précisant simplement que pour des raisons de sécurité, le chef de l'Etat ne se trouvait plus dans l'hôtel où il était la veille.

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Selon des sources militaires, le cœur du camp loyal à Pierre Nkurunziza s'appuie sur la brigade spéciale de protection des institutions, avec le soutien de quelques autres unités. C'est cette brigade d'élite qui contrôlait jeudi encore la présidence, la RTNB et le siège national du parti présidentiel (Cndd-FDD).

Troisième candidature contestée

Toujours selon des sources militaires, le camp putschiste est lui organisé autour d'une autre unité d'élite de l'armée, le 11e bataillon parachutiste, qui contrôle au moins l'aéroport international.

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Selon un journaliste de l'AFP, les policiers, qui avaient déserté le centre-ville mercredi après l'annonce du coup d'Etat par le général putschiste Godefroid Niyombare, étaient de nouveau déployés jeudi dans les rues de la capitale mais refusaient de dire aux ordres de qui ils répondaient.

La crise politique burundaise a été déclenchée par la candidature de Nkurunziza à la présidentielle du 26 juin. La société civile et une partie de l'opposition politique la jugent inconstitutionnelle et l'éventualité d'un troisième mandat divise aussi depuis des mois jusqu'au sein du parti au pouvoir.

Appels à la retenue

L'annonce de la destitution de Pierre Nkurunziza a déclenché une vague de réactions parmi une communauté internationale déjà très inquiète des tensions qui ne cessaient de croître au Burundi depuis des mois. Au-delà de la guerre civile, qui a fait quelque 300.000 morts, l'histoire post-coloniale du petit pays d'Afrique des Grands Lacs, a été jalonnée de massacres interethniques.

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Les dirigeants kényan, ougandais, tanzanien et rwandais, qui se sont finalement réunis sans leur homologue burundais mercredi à Dar es Salaam, ont condamné le coup d'Etat et demandé un report des élections – des législatives et communales sont aussi prévues le 26 mai.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté "au calme et à la retenue", alors que le Conseil de sécurité devrait tenir jeudi des consultations d'urgence sur la crise au Burundi, à la demande de la France.

A Washington, la Maison Blanche, ouvertement opposée depuis des semaines au troisième mandat, a appelé toutes les parties à "déposer les armes" et la chef de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini, a appelé les deux camps à faire preuve de "retenue et à éviter la violence".

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