MAGHREB
13/05/2015 07h:13 CET | Actualisé 13/05/2015 11h:42 CET

Tunisie: 49 suicides et tentatives de suicide "protestataires" en Tunisie au mois d'avril, selon le FTDES

<HH--PHOTO--RIOT-TUNISIA--2941934--HH>
ASSOCIATED PRESS
<HH--PHOTO--RIOT-TUNISIA--2941934--HH>

SOCIÉTÉ - 49 suicides et tentatives de suicides ont été enregistrés en Tunisie parmi les 474 mouvements de protestations "individuelles ou collectives" durant le mois d'avril, selon un rapport du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux.

Le suicide des enfants: un nombre alarmant

Vingt suicides ou tentatives de suicides d'enfants dont l'âge est en dessous de 15 ans ont eu lieu en Tunisie en un seul mois.

L'organisation explique que tous ces cas "semblent être" une forme de protestation "liée à l'espace scolaire et à tous les types de pressions qui peuvent venir de l'école ou de la famille". Par exemple quatre filles avaient essayé de se suicider parce qu'elles avaient peur de la décision de leur conseil de discipline.

Ce chiffre est particulièrement alarmant selon l'organisation, car il est supérieur à celui de toute l'année 2014 où 18 cas ont été enregistrés.

Protestation en milieu scolaire en hausse

Kairouan, Bizerte, Tunis, Sfax et Gabès sont les cinq gouvernorats ayant enregistré le plus grand nombre de mouvements sociaux, tandis que Zaghouan est la région où le taux de protestations est le plus bas.

Les principaux problèmes mentionnés par l'organisation pour les protestations collectives sont le chômage, la dégradation de l'infrastructure, l'eau potable ou la condamnation du terrorisme.

Mais le rapport souligne l'augmentation des mouvements dans le milieu universitaire et scolaire. Les exhibitions annuelles des élèves du baccalauréat lors de la "Kharja" du bac sport, "rituel festif par lesquels les élèves célèbrent ces épreuves" deviennent parfois, selon l'organisation, une forme de protestation.

Des élèves de lycées de Kairouan et de Jendouba avaient en effet affiché des portraits de Hitler et des dessins d'exécution de Daech.

"Cet évènement a été associé cette année à de la violence et à des slogans politiques considérés comme inacceptables par les médias et les responsables officiels" comme "le chef du gouvernement qui a condamné ces actes". Certains d'entre eux ont été mis en garde à vue", indique l'organisation.

Or les mauvaises conditions scolaires, l'absence d'examens du deuxième trimestre, le refus des autorités de créer un syndicat d'élèves, le problème des cours particuliers sont les principales raisons de cette forme de protestation, indique l'organisation d'après une enquête sur terrain.

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux conclut son rapport en condamnant le projet de loi punissant les "agressions" contre les forces armées, le qualifiant de "liberticide".

LIRE AUSSI: Tunisie: La société civile dénonce le projet de loi punissant les "agressions" contre les forces armées

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Maghreb sur notre page Facebook.