ALGÉRIE
13/05/2015 14h:21 CET | Actualisé 16/05/2015 11h:51 CET

Mali: la rébellion Azawad (CMA) paraphe jeudi l'accord d'Alger, la signature à Bamako incertaine

Le secrétaire du MNLA, bilal Ag Acherif, et le ministres des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra, médiateur dans le conflit malien, à Alger, le 19 février 2015
afp
Le secrétaire du MNLA, bilal Ag Acherif, et le ministres des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra, médiateur dans le conflit malien, à Alger, le 19 février 2015

La Coordination des Mouvements de l'Azawad (CMA) a confirmé, mercredi, dans un communiqué signé par le chef de sa cellule de communication Moussa Ag Acharatouman qu'elle "paraphera" demain, à Alger, l'Accord de paix et de réconciliation au Mali. Elle ne se considère cependant pas engagée par la "signature proprement dite" de l'accord prévu pour vendredi 15 mai et pour lequel d'intenses préparatifs sont en cours à Bamako.

C'est un demi-pas de plus fait vers l'accord d'Alger, déjà paraphé par le gouvernement malien en mars dernier. Mais la rébellion a dominante touareg coalisée au sein de la CMA refuse de sauter définitivement le pas de la signature dans l'attente de discussions qui doivent avoir lieu, selon elle, après le paraphe mais avant la signature.

Le communiqué de la CMA informe l'opinion publique nationale et internationale de sa décision de "parapher le document du 1er mars 2015 issu du processus d’Alger pour honorer les engagements antérieurement pris".

Cette décision, précise Moussa Ag Acharatouman, fait "aussi suite aux engagements pris par la Médiation internationale et acceptés par la partie malienne d’engager des discussions sur les demandes et observations de la CMA après le paraphe et avant la signature du document final".

La CMA "informe qu’elle ne sera pas présente" vendredi à Bamako

"Ces discussions porteront également sur les modalités d’application de l’Accord" indique le communiqué qui ne s'engage pas cependant sur la signature définitive de l'accord pour lequel des préparatifs intenses sont en cours à Bamako.

"Quant à la date du 15 mai 2015, arrêtée pour la signature proprement dite et fixée sans avoir consulté la CMA, elle n’engage pas celle-ci qui, d’ores et déjà, informe qu’elle ne sera pas présente" indique le communiqué.

La CMA réaffirme sa ferme "volonté de poursuivre les idéaux des populations de l’Azawad et d’aider pleinement à un aboutissement heureux du processus d’Alger".

Le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Chérif a confirmé à l'AFP que la rébellion allait parapher demain l'accord d'Alger sans pour autant évoquer son refus de s'engager sur la signature prévue vendredi à Bamako.

Une "source diplomatique", citée par l'agence APS, estime que la décision de Coordination des mouvements de l'Azawad de parapher l'accord demain à Alger était un "pas important" dans la résolution de la crise avant la "signature officielle prévue vendredi, dans le cadre d'une médiation internationale, dont l’Algérie est le chef de file".

Les ministres algérien et français des Affaires étrangères avaient appelé mardi à la signature de l’accord «dans l'intérêt de la paix au Mali et dans la région". Alors que la CMA, qui est sous pression, laisse entendre qu'elle ne signera pas vendredi, à Bamako, les préparatifs vont bon train.

A Bamako, on se prépare et on souhaite la présence de la CMA

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop a réaffirmé mercredi que la "cérémonie de signature de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali aura bel et bien lieu vendredi de Bamako".

Les délégations sont attendues à partir de jeudi pour une cérémonie de signature qui aurait lieu au Centre international de conférences dans l'après-midi en présence de tous les invités, selon le projet de programme distribué par le gouvernement malien aux diplomates et à la presse.

Toujours selon ce programme, la cérémonie de signature sera suivie par des déclarations des représentants des groupes armés du Nord, à savoir la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et les Mouvements signataires de la Plateforme. Elle devrait prendre fin avec une déclaration du chef de l'Etat malien, Ibrahim Boubacar Keïta.

Mais le gouvernement malien ne semble pas avoir l'assurance que la CMA sera présente. Abdoulaye Diop leur a lancé un appel pressant à venir signer l'accord.

"Nous souhaitons que nos frères de la CMA participent à la cérémonie vendredi" a-t-il indiquant qu'il a appris qu'ils étaient prêts à parapher (mardi). "Nous souhaitons que tout aille vite et que nos frères de la coordination soient présents à la signature pour que nous puissions ensemble tourner cette page de notre histoire", a-t-il indiqué.

"Nous souhaitons ardemment que l'accord soit signé par toutes les parties prenantes. Le peuple malien nous regarde. Le monde entier nous regarde", a-t-il ajouté. Le suspense continue..

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