MAGHREB
13/05/2015 08h:18 CET | Actualisé 13/05/2015 13h:42 CET

L'école française, cancre en arabe

TO GO WITH AFP STORY BY EMILIENNE MALFATTO
Pupils sit ina classroom at the international French School MLF 'Danielle Mitterrand' on September 28, 2014 in Arbil, the capital of the autonomous Kurdish region of northern Iraq. The walls have been  fortified and armed guards monitor the entrance of the French school but expatriates want to continue to live a normal life despite the threat of Islamic State (IS) group against France.  AFP PHOTO / SAFIN HAMED        (Photo credit should read SAFIN HAMED/AFP/Getty Images)
SAFIN HAMED via Getty Images
TO GO WITH AFP STORY BY EMILIENNE MALFATTO Pupils sit ina classroom at the international French School MLF 'Danielle Mitterrand' on September 28, 2014 in Arbil, the capital of the autonomous Kurdish region of northern Iraq. The walls have been fortified and armed guards monitor the entrance of the French school but expatriates want to continue to live a normal life despite the threat of Islamic State (IS) group against France. AFP PHOTO / SAFIN HAMED (Photo credit should read SAFIN HAMED/AFP/Getty Images)

Trois millions de personnes le parlent en France. Pourtant, il y est peu ou mal enseigné. Par manque de volonté politique, par crainte du communautarisme. Quitte à abandonner le terrain aux associations religieuses.

Langue officielle de vingt-cinq pays, l'arabe est l'une des six langues de l'ONU. Environ trois millions de personnes le parlent en France, où son enseignement a une longue histoire : entré au Collège de France à la fin du XVIe siècle, il est au programme de l'Ecole spéciale des langues orientales dès sa création, en 1795. L'agrégation d'arabe existe depuis 1905, le Capes depuis 1975.

Xavier North, ancien délégué général à la langue française et aux langues de France, énonce "un triste paradoxe : nous sommes l'un des seuls pays occidentaux à offrir un enseignement de l'arabe au sein de l'école publique, et dont le patrimoine intellectuel compte d'immenses arabisants. Cette belle tradition est contrecarrée par ce qu'il faut bien appeler une ghettoïsation de cet apprentissage."

Alors que le Golfe est en pleine croissance économique, que des chaînes arabophones existent dans tous les pays, les librairies regorgent de méthodes, lexiques, manuels de grammaire. Apprendre l'arabe est un besoin et la manière de l'enseigner, un enjeu. "L'arabe à l'école de la République, c'est une occasion manquée, soupire Brigitte Trincard-Tahhan, ancienne enseignante. On aurait pu en faire une discipline de référence laïque, si l'on avait osé le considérer comme une langue d'excellence, à l'image du latin."

Il n'est peut-être pas trop tard.