MAROC
12/05/2015 03h:17 CET

Mort lente de l'USFP, coalitions fragiles, élites locales incompétentes... Abdelali Doumou juge la scène politique

Mort lente de l'USFP, coalitions fragiles, élites locales incompétentes... Abdelali Doumou juge la scène politique
Mort lente de l'USFP, coalitions fragiles, élites locales incompétentes... Abdelali Doumou juge la scène politique

ANALYSE - Le (très discret) leader du courant Alternative démocratique (ex Ouverture et démocratie) Abdelali Doumou a animé récemment une conférence durant laquelle il a fait le bilan sur les dégâts survenus à l'USFP, le travail du gouvernement Benkirane, ainsi que les élites locales au Maroc.

L'USFP se meurt depuis le départ de Youssoufi

Une conférence qui s'ouvre sur un arrêt de mort. Pour Abdelali Doumou, "l'USFP est finie, depuis qu'elle a connu les déviances idéologiques et humaines que l'on connaît". Doumou situe le début de la fin de l'USFP durant "la période de l’alternance. Là a commencé la noyade du parti, dont le premier secrétaire, promu premier ministre entre temps, a peu à peu délaissé l'USFP".

L'enterrement viendra avec Driss Lachgar, l'actuel premier secrétaire du parti, qui a, selon Doumou, "intégralement renouvelé les bases du parti, de manière à s'entourer de gens qui lui sont entièrement fidèles", et écarter l'ancienne garde, "qui faisait la force de l'USFP". "L'actuelle direction ne cherche plus des cadres et des gens compétents, mais des gens qui soient prêts à lui faire allégeance", s'est désolé Doumou.

Le PJD a fait de bonnes choses

Abdelali Doumou a révélé que l'un des reproches qui lui ont été faits, par l'actuelle direction de l'USFP, est "les remarques positives” qu’il a fait sur certaines réalisations du gouvernement. “Or, j'exprimais un avis sincère. Le bilan de ce gouvernement comporte des points positifs et d'autres négatifs". Le PJD a, selon Doumou, "pu offrir des garanties morales, contrairement aux autres partis politiques. Le PJD a aussi su faire preuve de bonne foi, et a montré une réelle volonté de combattre la corruption".

Les alliances entre certains partis sont "contre-nature"

Le manque de cohésion et de cohérence, aussi bien au sein de la majorité que de l'opposition, fait partie, selon Doumou, des faiblesses de la scène politique au Maroc. "Les intérêts, parfois contradictoires, des différents partis formant coalition ne leur permettent pas de développer une vision et un programme communs et clairs. Comment donc voulez-vous que les citoyens fassent confiance à une scène politique aussi divisée que la nôtre?", s'est-il demandé.

Le renouvellement des élites locales

Pour Doumou, "le Maroc ne pourra pas avancer, tant qu'il ne renouvellera pas ses élites locales". L'ex-USFPéiste juge les partis "complices, dans la mesure où aucun d'entre eux n'a fourni d'efforts pour promouvoir de nouvelles élites locales", cooptées pour "leur compétence et leur travail politique, non leur notabilité".

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