ALGÉRIE
11/05/2015 14h:47 CET | Actualisé 11/05/2015 15h:06 CET

Education nationale: 40.000 cas de violences dans les établissements scolaires en 2014

Des chiffres très inquiétants: quelque 40.000 cas de violences ont été enregistrés en 2014 dans les établissements d'enseignement en Algérie, a indiqué dimanche Medjadi Messaguem, inspecteur général du ministère de l'Education nationale dans un entretien à la Chaîne III de la Radio Algérienne.

Un phénomène qui prend une ampleur terrifiante. Environ 6.000 cas de violences sont le fait des élèves à l'encontre de leurs professeurs. 4.000 autres cas sont le fait des étudiants à l'encontre de leurs enseignants. "Il y'a aussi les violences opposant les élèves eux-mêmes", a rajouté la même source.

Il s'agit de cas de violences physiques, de rackets et des actes de vandalisme, mais aussi d'usage de stupéfiants et de consommation d'alcool, des actes qui "transgressent l'ordre scolaire", selon ce responsable.

Medjadi Messaguem a estimé dans son entretien que la responsabilité impute à l'environnement "difficile" de certaines écoles, au laxisme des parents d'élèves et des enseignants, sans omettre "l'absence de contrôle des élèves au moment de leur accès dans les établissements d'enseignement.

Il a également pointé du doigt le "mode de gouvernance de l'école", qui doit être changé. "Il y'a lieu de développer des activités culturelles, sportives et de loisirs, a-t-il affirmé, des aspects sur lesquels nous avons jusqu'ici échoué", a-t-il déploré. Un partenariat avec les ministères de la Jeunesse et de la Culture devront être établis pour mener ce plan de divertissement.

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Dix cas de suicide d'enfants scolarisés chaque année

Selon la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH), 10 cas de suicide sont annuellement enregistrés chez les enfants scolarisés. Des statistiques révélées ces trois dernières années par la communauté scolaire, les services de sécurité et des organisations non gouvernementales, a rapporté le quotidien El Watan.

"Le suicide est un acte qui se présente comme unique choix devant un enfant traversant une période de stress, sans soutien, à l'annonce des résultats scolaires. Ces enfants préfèrent mourir que d'affronter la colère d leurs parents suite à de mauvais bulletins. Certains de ces cas sont déplorés avant même la délivrance des résultats scolaires", a déclaré Kadour Houari, responsable des dossiers spéciaux chez la LADDH. Les élèves des lycées et des collèges sont les plus exposés à la pression et au stress, à l'approche des examens du BEM et du baccalauréat.

La LADDH appelle ainsi les autorités à réviser leur approche face à ces cas déplorables. Cette association insiste notamment sur la nécessité de lutter contre la violence dans les écoles, "résultat du stress et l'inquiétude chez les élèves", a rapporté El Watan.

"Ces signes devraient inciter le ministère de l'Education nationale à déployer des efforts pour une prise en charge d'abord psychologique. La LADDH regrette que le ministère de l'Education nationale se contente de prendre des mesures répressives contre les auteurs de ces violences», selon la même source, qui cite un communiqué de cet ONG.

Le document a aussi souligné l'impact néfaste du conflit entre le ministère et le syndicat sur l'état psychologique des élèves, "qui encaissent la pression résultant" de ces tensions.

Des chiffres et des interpellations qui semblent avoir fait réagir la tutelle. Medjadi Messeguem a déclaré ce dimanche que des psychologues seront introduits dans les lieux d'enseignement. "Nous allons introduire des psychologues dans les lieux d'enseignement et mettre en place des Conseils d'orientation", a-t-il rajouté.

Pour rappel, 1.281 enfants ont été victimes de violences multiformes durant le premier trimestre de l'année en cours, a indiqué la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), chargée du Bureau national de la protection de l'enfance et de la délinquance juvénile, Kheira Messaoudène, rapporté par l'APS.

756 enfants ont été violentés physiquement, tandis que 372 autres ont subi des agressions sexuelles. 20 enfants ont été victimes d'enlèvements et 6 autres décédés suite à des coups et blessures, selon la même source.

6.151 enfants ont, par ailleurs, été violentés en 2014, a indiqué la DGSN. 3.533 d'entre eux ont subi des maltraitances physiques, dont 1.663 des sévices sexuels.

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