ALGÉRIE
10/05/2015 06h:17 CET | Actualisé 10/05/2015 06h:20 CET

"200 millions de litres de boissons alcoolisées consommées en Algérie et ce n'est pas Benyounes qui les a bues"

coteaux de mascara

"Contraint dans l'expression" après le désaveu par Abdelmalek Sellal de sa décision d'annuler une instruction prise par son prédécesseur instituant une autorisation préalable à la vente en gros des boissons alcoolisées, Amar Benyounes, chef du MPA (mouvement pour l'Algérie) et ministre du commerce a profité de la célébration de l’anniversaire des massacres du 8 mai 1945 pour dénoncer une collusion entre le salafiste et la mafia des vendeurs informels d'alcools.

Comme à l'accoutumée, Amar Benyounes, s'en est pris à une opposition qui n'a "ni programme, ni alternative" et qui n'a que de la "haine" à proposer. Après cette défense de l'action du président Bouteflika, le ministre du commerce a abordé la rebuffade qu'il a essuyée au sein du gouvernement au sujet de l'organisation du marché des boissons alcoolisées.

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Avec une phrase choc où se mélangent l'humour et le dépit : "Pas moins de 200 millions de litres de boissons alcoolisées ont été consommées par les Algériens et ce n'est pas moi qui les ai consommées" a-t-il déclaré en dénonçant une entreprise mafieuse pour entraver la régulation d'un marché qui est contrôlé à 70% par le secteur informel.

"Ceux qui ne veulent pas réguler cette activité sont ceux qui appartiennent à une mafia qui a tout à perdre". Amara Benyounes, en épinglant, sans le citer directement, le Premier Ministre qui a retoqué sa décision.

Un des "bienfaits" de la participation du MSP

Benyounes a réaffirmé avoir agi en "tant que ministre du commerce" qui œuvre à mettre de l'ordre dans le secteur et qu'il n'est "ni mufti, ni imam" mais qu'il se contente d’appliquer la loi.

"Personne ne m'arrêtera dans l'assainissement du commerce extérieur" a-t-il déclaré. Pourtant, il a bien été arrêté dans son action "d'assainissement" du marché de la boisson alcoolisée qui est, effectivement, largement aux mains de l'informel.

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a décidé, après une campagne de presse vindicative menée par les islamistes mais également par les religieux de l'establishment religieux officiel et même une menace de manifestation de rues de retoquer la décision de Benyounes d'abroger une instruction prise par un de ses prédécesseurs au poste, Hachemi Djaboub, (MSP) d'instituer une autorisation préalable à la vente en gros des boissons alcoolisées.

Une instruction qui n'était pas prévue dans la loi et qui avait été signée, indique une source informée, par un petit directeur au ministère du commerce. Makri, dans une déclaration récente à la chaine Al-Magharibiya, a souligné que cette instruction était d'ailleurs défendue par certains au sein du MSP comme une illustration des "bienfaits" de la participation au gouvernement.

Comme pour lui répondre tout en pointant une hypocrisie des islamistes, Benyounes a indiqué que "plus de 890 agréments avaient été octroyés pour la vente en gros de la boisson alcoolisée" quand le ministère du commerce était dirigé par Mustapha Benbada, un islamiste du MSP…

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