MAROC
09/05/2015 09h:50 CET | Actualisé 09/05/2015 09h:52 CET

Invité par l'association Tariq Ibnou Ziyad Initiative (TIZI), Nabil Benabdellah défend le bilan du Parti du progrès et socialisme (PPS) au sein de la coalition gouvernementale

VERBATIM - Invité par l'association Tariq Ibnou Ziyad Initiative (TIZI) pour défendre le bilan du Parti du progrès et socialisme (PPS) au sein de la coalition gouvernementale, Nabil Benabdellah, Secrétaire général du parti et ministre de l'Urbanisme, s'est confié à l'assistance. Les tractations avec Benkirane, les libertés individuelles, l'avenir de la gauche... Morceaux choisis.

L'avant-projet de code pénal

"Le projet de code pénal a apporté de nombreuses nouveautés qu'il faut saluer, comme l'incrimination des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Pour des sujets très sensibles (les relations sexuelles hors-mariage et la rupture du jeune en public, ndlr), il faut qu'il y ait un véritable débat de société, que les positions soient muries, qu'il y ait des référendums pour connaître les prises de position au sein de la société. Le PPS et moi-même défendons la position suivante: il ne faut pas durcir les sanctions sur la rupture du jeûne en public et sur les relations sexuelles hors-mariage. Dans ce sens, je suis parti à la rencontre de Benkirane, et je lui ai dit: "nous sommes tous deux de la même génération. Te souviens-tu de l'époque où les lycéens fumaient en plein jour, pendant le Ramadan ? Les temps ont changé. Ces choses là n'existent plus. Il m'a répondu: 'ton argumentaire est implacable'."

Les relations du PJD avec le PPS

"Nous entretenons des relations basées sur le sérieux, la confiance, le respect mutuel, l'écoute et l'échange cordial avec les ministres du PJD. Le PJD est un parti qui a tenu sa parole, et qui a rempli ses engagements envers le PPS."

Les tractations ayant précédé l'entrée au gouvernement du PPS

"Abdelilah Benkirane m'avait approché pour nous proposer d'être au gouvernement. Je lui ai dit que que je ne garantissais pas que je serai d'accord avec lui sur toutes les thématiques. J'ai ajouté que j'insistais sur le fait que les libertés individuelles et collectives garanties par la Constitution ne connaissent pas de recul. Il m'a répondu: 'Je m'y engage. De toute manière, la Constitution est au dessus de nous deux'. Et il a tenu son engagement: alors que tout le monde disait qu'avec le PJD, on assistera à une islamisation de la société, il n'en a rien été."

Le discours politique actuel

"En 35 ans, je n'ai jamais vu une telle dégradation du discours politique. L'opposition peut se permettre d'être féroce, mais sur les les sujets importants, pas en ayant recours à des attaques personnelles. Nous sommes tombés dans la halqa (spectacle populaire public, ndlr), et encore, la halqa est plus respectable que les échanges politiques actuels".

Le présent et l'avenir de la gauche au Maroc

"Nous avons besoin d'une gauche forte au Maroc. Forte de son sérieux, forte de son travail politique, forte de ses réalisations. Nous sommes prêts à conduire la gauche au succès lors des prochaines élections. Le PPS a vocation à être le leader de la gauche".

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