ALGÉRIE
08/05/2015 02h:46 CET

Procès de l'Affaire Khalifa : "ma banque n'a jamais été en faillite "!

Archives

La deuxième journée de l’audition de Abdelmoumene Khalifa a été entamée sur les avantages et les facilités proposées par la Banque Al Khalifa aux entreprises et institutions publiques notamment.

Le principal accusé dans l'affaire Khalifa Bank a répondu sur des financements consentis par Khalifa Bank et Khalifa Airways au profit d'institutions et entreprises publiques.

Répondant à une interrogation de l'un des représentants de la partie civile, Me Mahfoudi, Abdelmoumène Khelifa a affirmé avoir notamment contribué au financement et la réalisation du nouveau siège du ministère des Finances.

L'accusé a, par ailleurs, soutenu que Khalifa Bank avait accordé des crédits à la Société nationale des véhicules industriels (SNVI), de même que le contrat de sponsoring conclu avec la Fédération algérienne de football (FAF) par Khalifa Airways.

Dans la matinée, M. Khalifa avait évoqué devant le président du tribunal Antar Menouar, ledit contrat, précisant que celui-ci consistait en une prise en charge gratuite de clubs de football nationaux, en mal de financement à l'époque.

"Tous les minstères avient un compte à la Khalifa Bank"

"Aviez-vous financé une pièce de théâtre de l'acteur égyptien Adel Imam", lui a demandé l'avocat, citant la générale jouée en Algérie. "La banque a été un moyen de financement pour le ministère de la Culture dès lors que celui-ci détenait un compte chez Khalifa Bank, ce qui était le cas de tous les ministères", a répondu Abdelmpumene Khalifa.

Répondant aux chages du procureur général prés du tribunal criminel de Blida, Mohamed Zergue Erras, il souligne avoir été membre de l'Association des banques et des finances (ABEF) dans le cadre de laquelle, il n'a jamais eu de "souci", l'accusé a été, par ailleurs, interrogé sur le "non payement" des impôts par la Khalifa Bank.

A ce propos, Abdelmoumene Khelifa a soutenu que le payement s'effectuait au moyen de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), ajoutant avoir bénéficié des exonérations d'impôts dans le cadre des mesures incitatives accordées par l'Agence nationale de promotion des investissements.

A la question de savoir le pourquoi du remplacement continu des cadres et gestionnaires des différentes sociétés du groupe ainsi que de leur transfert entre celles-ci, l'ex-milliardaire déchu a indiqué que cela faisait partie de "la politique" de gestion du groupe.

Le retrait de l'agrément de "Khalifa Bank" est illégal!

"Est-ce l'argent des placements qui a servi à l'achat de l'immobilier, en un laps de temps quasiment identique, par les responsables et cadres de la Khalifa Bank", s'est interrogé le représentant du ministère public.

"La banque avait pour habitude d'octroyer des crédits à ses employés à cet effet", a répondu en toute assurance Abdelmoumene Khelifa. Interpellé sur le transfert des fonds d'Alger vers Oran qui s'effectuait par Khalifa Bank sans autorisation du ministère de l'Intérieur et des Collectives locales, l'accusé a indiqué qu'"aucune loi n'interdisait ce type d'activités" et que la défunte banque "disposait, de toute façon, de sa propre société pour ce faire".

"De plus, nous avions un contrat avec l'entreprise publique Amnal de transport de fonds, lesquels s'effectuait en fin de chaque journée depuis l'ensemble de nos agences bancaires vers la caisse principale de l'agence principale, avant d'être déposés le lendemain matin à la Banque d'Algérie", a-t-il ajouté.

Affirmant que la majorité des entreprises publiques détenaient des comptes à Khalifa Bank, Abdelmoumene Khelifa a réitéré, plus d'une fois, n'avoir jamais enfreint la réglementation s'agissant du "contrôle de change".

Sur le retrait de l’agrément à Khalifa Bank par la Banque centrale, l’accusé précise que ce n’est pas cette dernière qui l’a retiré mais plutôt "des individus". "De toutes les façons ce retrait est illégal car il effectué sans la présence de deux commissaires aux comptes comme l’exige la loi", a-t-il lâché.

"Les entreprises étatiques n'auraient rien fait sans l'accord de l'Etat"

Interrogé sur la nature juridique de Khalifa Airways, son ex-propriétaire a expliqué qu'il s'agissait d'une "personne morale à responsabilité unipersonnelle" ayant été lancée sur un capital de 150 millions de DA, et qui avait réalisé un bénéficie de 105 millions d'euros au début 2000, soit peu d'années avant le début du déclin de l'ex-empire Khalifa. "Seule la banque était une SPA", précise-t-il.

Le juge Menouar interroge encore Khalifa sur l’offre de billets de voyages gratuits sur Al Khalifa Airways à certains responsables pour les amener à déposer l’argent des entreprises et institutions publiques dont ils ont la charge dans les agences de la banque Al Khalifa.

Abdelmoumene Khalifa explique qu’il que ces cartes de gratuités offertes par sa banque, sont en réalité des "cartes de fidélité". Ces entreprises, notamment publiques (OPGI, Enafor, entre autres), avaient déposé de l’argent et elles pouvaient le retirer à tout moment. De plus, "ces entreprises étatiques ne l’auraient pas fait si elles n’avaient pas l’accord de l’Etat ", a-t-il souligné.

Le ministère public l’interroge sur le fait que, les Directeurs généraux des agences et des sociétés Khalifa étaient les mêmes figures qui circulaient, et que ces cadres là, se sont achetés dans la même période des villas à Al Achour, Said Hamdine, Résidence Chaabani, Hydra, Cheraga ( Lotissement Haddad).

Abdelmoumene répliquera tout de go : "Mais vous devriez savoir que la finalité d’une banque consiste entre autres à payer les crédits de logement, et c’est ce dont bénéficiaient nos cadres, comme ont bénéficié les PME, les entreprises nationales, les particuliers et mêmes l’ADDL. A ce propos, le ministre de l’Habitat M. AbdelMadjid Tebboune pourra témoigner ici".

Le procureur de la République l'ayant interpellé sur d'autres innombrables détails non contenus dans l'arrêt de renvoi. Le juge Menouar a dû le rappeler à l'ordre plus d'une fois en vue de s'en tenir au contenu de ce document.

Le procès de l'affaire de la caisse principale de Khalifa Bank qui s’est ouvert lundi au tribunal criminel près la Cour de Blida a été suspendu jusqu’à dimanche prochain. Il reprendra avec l’entrée en lice des avocats de Rafik Abdelmoumene Khalifa.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.