ALGÉRIE
08/05/2015 10h:23 CET | Actualisé 08/05/2015 10h:23 CET

Un attaquant anti-apartheid à la rescousse du football palestinien

Twitter/Tokyo Sexwale

Les Palestiniens mènent la lutte contre Israël à l'ONU, devant la justice internationale, et à présent devant la FIFA. Dans leur combat pour obtenir l'exclusion d'Israël du foot international, ils ont trouvé un exemple et un allié: le Sud-Africain Tokyo Sexwale.

Ce militant contre l'apartheid a passé 13 ans dans les geôles de Robben Island aux côtés de Nelson Mandela avant de devenir ministre, notamment des Sports, de la nation arc-en-ciel.

Mais, dit-il à l'AFP, "je n'avais jamais vu autant de haine et de suspicion avant de venir à Hébron", où, entouré d'une délégation palestinienne, il a buté à plusieurs reprises sur quelques-uns des 121 check-points gardés par les soldats israéliens à travers la plus grande ville de Cisjordanie occupée, la plus explosive aussi.

Invité par la Fédération palestinienne de football, le président de Global Watch, qui milite pour éradiquer le racisme dans le sport, a visité plusieurs villes du territoire à trois semaines d'un Congrès de la FIFA où pourrait être examinée la demande palestinienne d'exclusion d'Israël.

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A Bethléem, l'omniprésence du mur de séparation l'a marqué, sans entamer son optimisme. Il a vu tomber l'apartheid, Palestiniens et Israéliens verront éclore la paix, dit-il.

Une tactique a déjà fait ses preuves: le boycott, explique le businessman philanthrope. Grâce à elle, l'Afrique du Sud de l'apartheid a été exclue de la FIFA jusqu'en 1992.

Inlassablement, il l'a répété aux dirigeants palestiniens, de Jibril Rajoub, président de la Fédération de football, au président Mahmoud Abbas en passant par son Premier ministre: il faut créer un effet "boule de neige". Commencer sur le front du football, puis poursuivre sur les autres, dit-il, "car cela, Israël ne peut pas le contrôler".

'Déterminés'

M. Rajoub promet qu'il ira jusqu'au bout pour obtenir que la FIFA exclue Israël lors de son congrès le 29 mai à Zurich. "Nous sommes déterminés et nous continuerons à nous battre".

Dans les années 1970, les Palestiniens avaient obtenu la sortie d'Israël de la Confédération asiatique. Aujourd'hui, jurent-ils, les pays africains et asiatiques les soutiennent, et pourraient apporter une partie des trois quarts des votes requis à Zurich pour recommencer.

Israël joue désormais dans les compétitions européennes. L'examen du texte serait déjà à l'ordre du jour et, glisse-t-on à la FIFA,

il figurerait même devant le grand sujet de ce congrès: l'élection du président.

Le grand favori, le sortant Joseph Blatter, est venu souvent dans les Territoires occupés et s'est engagé à reconstruire les équipements sportifs ravagés par la guerre de Gaza en 2014.

Mais il s'est déjà prononcé contre la suspension d'Israël. "La suspension d'une fédération, quelle que soit la raison, est toujours nuisible à l'organisation dans son ensemble", a-t-il dit.

Cette résolution n'est qu'une façon pour les Palestiniens de "mélanger politique et sport, ce qui est totalement contraire à la vision de la FIFA", affirme Shlomi Barzel, en charge de la communication à la Fédération israélienne. "Nous sommes certains que le Congrès rejettera cette proposition sans fondement", affirme-t-il, car M. Blatter a nommé un envoyé, le chypriote Costakis Koutsokoumnis, qui n'"accuse la Fédération israélienne de rien et a salué ses efforts" de coopération avec la FIFA.

La Fédération, dit-il, a même proposé, en vain, des "matches amicaux entre les deux équipes nationales". Mais, dit M. Sexwale, "il ne peut pas y avoir de sport normal dans une société anormale. Impossible de jouer au tennis avec ces murs, impossible de

pratiquer aucun sport avec ces check-points partout".

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