07/05/2015 10h:20 CET | Actualisé 13/05/2015 12h:18 CET

"CFC: Les secrets de la réussite d'une place africaine émergente"

FINANCE - Lancée officiellement en 2012, Casablanca Finance City compte déjà 62 entreprises labellisées. Ce nombre appelé à évoluer de manière substantielle, puisque l’objectif de 100 institutions a été fixé à moyen terme. Secrets de la réussite d'une place africaine émergente.

Conçu en 2010 pour être un hub économique et financier pour le Maghreb, les pays d'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique Centrale, le projet de cité financière panafricain "Casablanca Finance City" semble avoir atteint sa vitesse de croisière.

Cinq ans seulement après son lancement officiel, la City casablancaise a attiré déjà pas moins de 62 entreprises, contre 11 en 2012, année de son entrée réelle en activité.

Des entreprises marocaines mais surtout internationales qui ont adhéré au concept, font désormais de Casablanca, leur porte d’entrée vers l’Afrique du nord, de l’Ouest et Centrale.

Parmi elles, l’on peut citer les géants mondiaux tels AIG dans l'assurance, BNP Paribas et Société Générale dans la banque, Brookstone Partners, Wendel, le fond Africa 50 spécialisé dans le Private Equity, Baker & McKenzie, Price & Waterhouse Cooper ou encore Roland Berger dans le conseil, et les groupes Ford, Accor, Continental dans la catégorie des multinationales.

Des firmes financières et de services qui ont cru dans le potentiel de ce nouveau centre financier du continent africain. Un continent qui constitue un nouveau marché à fort potentiel pour des opérateurs mondiaux dont les économies tournent au ralenti... D'ailleurs, entre 50 et 89% de ces entreprises labellisées opèrent déjà au Maghreb et en Afrique de l'Ouest. Et 30 à 49% d'entre elles sont déjà actives en Afrique Centrale.

Secrets de réussite

Le secret de cette réussite tient en plusieurs éléments. D'abord, la stabilité, principal ingrédient de réussite de tout centre financier régional. Cité comme une exception dans un environnement régional sous pression, le Maroc offre justement cette stabilité.

Ses institutions sont solides, son cadre macroéconomique maitrisé, et sa société plus que jamais unie.

Vient ensuite l’attractivité de Casablanca, la qualité de ses infrastructures et sa connectivité avec le reste du monde, assurée par la compagnie nationale Royal Air Maroc et par une dizaine d'autres compagnies mondiales, actives dans le ciel du royaume depuis au moins 10 ans.

Fiscalité et liberté des changes

Last but not least: la batterie d’avantages accordée aux firmes labellisées. Des avantages fiscaux d'abord, qui les exonèrent totalement de l'Impôt sur les Sociétés (IS) les cinq premières années d'exercice. Au delà des cinq ans, le taux appliqué reste avantageux, ne dépassant pas les 8,5% contre un taux normal de l'IS de 30%.

Seule exception : les sièges régionaux ou internationaux de multinationales, qui se voient eux appliqués dès la première année un taux d’IS de 10%. Exit également les contrôles et autres restrictions de changes, les entreprises naviguant dans la galaxie CFC ont un traitement spécial: une entière liberté de gestion des avoirs en devises, liberté totale d'ouverture de comptes en devises ou en dirhams convertibles, liberté de gestion des recettes en exportation, levée de l'obligation d'autorisation pour les transferts en devises aux maison mères.

Un modèle de gouvernance

Le tout sans parler de la gouvernance de la place, gérée et supervisée dans une transparence totale par une entité d'un nouveau genre au royaume: Casablanca Finance City Authority, une société anonyme de droit privée née d'un partenariat public-privé, avec un prestigieux tour de table comprenant des institutions étatiques au rôle central comme Bank Al Maghrib et la Caisse de Dépôt et de Gestion, aux côtés d'opérateurs privés de référence comme le trio bancaire Attijariwafa bank, BMCE Bank , Groupe Banque Populaire, les principaux assureurs marocains ainsi que Maroclear.

Cette société gestionnaire de la place est dirigé par un homme respecté de ses pairs : Said Ibrahimi, centralien, ancien haut cadre du géant français BNP Paribas, et qui fut également Trésorier Général du Royaume entre 2003 et 2010, un des postes les plus prestigieux de la fonction publique. C'est à cet homme qu'échoit depuis 2010 la mise en place de l'autorité gestionnaire, mais règles de bonne gouvernance oblige, ce n'est pas lui qui décide de qui est éligible ou pas au statut CFC. Ce dernier étant accordé par une commission dédiée, présidée par le ministre de l'Economie et des Finances, et composée en plus du représentant de CFCA, de représentants de la Direction du Trésor et des finances extérieures, du CDVM, de la DAPS et de Bank Al Maghrib.

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