MAROC
06/05/2015 10h:18 CET | Actualisé 06/05/2015 10h:45 CET

Aides aux mères divorcées en situation précaire: "Des sommes dérisoires" selon la militante Saida Idrissi (ADFM)

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ALLOCATIONS - Elles sont 5.371 mères divorcées en situation précaire à avoir bénéficié du Fonds de solidarité familiale à titre personnel ou pour le compte de leurs enfants mineurs jusqu'au 1er mars dernier, a annoncé mardi le ministre de la Justice et des Libertés, Mustapha Ramid.

Le ministre, qui répondait à une question orale à la Chambre des représentants sur les réalisations du Fonds, a par ailleurs indiqué que les montants mobilisés au titre de ce fonds ont atteint un peu plus de 47 millions de dirhams au 1er mars.

En réponse à une autre question sur l'arrêt de l'octroi des aides à certaines mères, le ministre a expliqué que les bénéficiaires sont appelées, tous les deux ans, à communiquer au président du tribunal compétent les documents du renouvellement de leur droit d'accès, conformément au texte régissant le Fonds.

Ce dernier stipule que ce droit ne peut être absolu dans le temps, pour éviter tout détournement. Un nouveau projet de loi pour améliorer la performance du Fonds a par ailleurs été élaboré par le gouvernement, a précisé le ministre.

Pour Saida Idrissi, directrice du centre d'écoute Nejma qui accueille les femmes en quête d'aide juridique, ce chiffre avancé de 5.371 femmes n'est pas clair dans la mesure où la période de délivrance de l'aide n'est pas précisée.

Quant aux sommes accordées, elles sont "dérisoires", note Saida Idrissi, membre de l'Association Démocratique des Femmes du Maroc. En effet, les trois premiers enfants reçoivent 350 dirhams chacun, soit l'équivalent de 11 dirhams par jour.

La militante féministe dénonce également la procédure longue et quasi impossible pour les femmes qui souhaitent bénéficier de ces aides. D'un côté, le ministère de la Justice exige de ces femmes qu'elles présentent un certificat d'indigence. De l'autre, le ministère de l'Intérieur a décidé de ne plus délivrer ce document.

"Non seulement ces femmes souffrent, mais elle se retrouvent dans une impasse", commente Saida Idrissi, avant d'ajouter que la grande majorité d'entre elles viennent au centre d'écoute parce qu'elles sont justement dans l'incapacité de constituer leur dossier.

Saida Idrissi pointe également du doigt la problématique de l'accès de ces femmes à cette information. Selon elle, très peu de femmes divorcées en situation précaire avec des enfants à charge savent qu'elles ont droit à ces aides. D'où la nécessité de mener un véritable travail de sensibilisation.

Enfin, si ces femmes y ont droit, d'autres pourtant dans la même situation en sont de facto privées. Il s'agit des femmes toujours mariées sur le papier mais abandonnées par leur mari et qui se retrouvent donc sans ressources et sans aides.

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