ALGÉRIE
05/05/2015 08h:04 CET | Actualisé 05/05/2015 08h:10 CET

Robert Ménard classe les enfants de Béziers par religions en fonction de leur nom

Robert Ménard n'a pas peur de la polémique. Depuis son élection à la mairie de Béziers, l'ex-patron de Reporters sans frontières fait régulièrement la une des médias à cause de ses décisions. Après les mots croisés spécial "Algérie Française", le changement de nom d'une rue ou encore des affichages pro-armes, voilà qu'il annonce qu'il fiche les enfants de sa ville en fonction de leur confession. De quoi lui valoir l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Béziers pour "fichage illégal".

À la toute fin de l'émission "Mots Croisés" sur France 2 lundi 4 mai, un journaliste relaye la question d'un internaute. Celui-ci s'étonne que Robert Ménard soit capable de donner le pourcentage d'enfants musulmans à Béziers alors que les statistiques ethniques ou religieuses sont interdites en France. Regardez son intervention dans la vidéo ci-dessus.

"Ces chiffres, c'est ceux de ma mairie", commence-t-il. "Le maire à classe par classe, le nom des enfants. Pardon de vous dire que les noms disent les confessions. Dire l'inverse, c'est nier une évidence", lâche-t-il, provoquant la surprise sur le plateau. "Je sais que je n'ai pas le droit de le faire", a-t-il également ajouté.

Invité de la matinale de BFMTV ce mardi 5 mai, Robert Ménard a assumé ses méthodes. Se déclarant favorable aux statistiques ethniques, il a affirmé que "dans certaines écoles, il y a plus de 80% d'enfants immigrés, presque 100%". "Les 2/3 des élèves en maternelle et collège, dans le public, sont des enfants issus de l'immigration, c'est trop!", juge-t-il.

Comme le souligne Le Parisien, sur Europe 1, la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a reconnu découvrir l'information mais a dénoncé la pratique. "Ce n'est pas normal. C'est le vrai visage du Front national, de l'extrême droite, qui ressort. Il faut regarder si on peut l'empêcher de le faire", a-t-elle déclaré.

Mardi en fin de matinée, la ville de Béziers a publié un communiqué dans lequel elle dément tout "fichage" des enfants. "La mairie de Béziers ne constitue pas et n'a jamais constitué de fichiers des enfants scolarisés dans les écoles publiques de la ville. Le voudrait-elle qu'elle n'en a d'ailleurs pas les moyens. Il ne peut donc exister aucun 'fichage' des enfants, musulmans ou non", indique le texte.

Communiqué de la Ville de Béziers :Suite à l'émission Mots Croisés diffusée ce lundi 4 mai sur France 2, plusieurs mé...

Posted by Ville de Béziers on mardi 5 mai 2015


Le parquet de Béziers a cependant ouvert une enquête préliminaire pour "fichage illégal", selon les informations de RTL. Comme le rappelle le site de la radio, "ficher les enfants en fonction de leurs prénoms pour créer des statistiques ethniques est une pratique interdite en France depuis la fin du régime de Vichy, qui avait mis en place le fichage des juifs". "L'enquête du parquet de Béziers va désormais s'attacher à vérifier l'existence, l'ampleur et le caractère informatisé de ces pratiques", précise encore RTL.

Plusieurs personnalités politiques, dont le premier ministre Manuel Valls, ont ouvertement critiqué Robert Ménard. "Honte au Maire de Béziers. La République ne fait AUCUNE distinction parmi ses enfants", a écrit Manuel Valls sur Twitter.

Gérald Darmanin, député-maire UMP de Tourcoing, a lui interpellé le maire de Béziers. "Par mon grand-père Harki, mon deuxième prénom est Moussa. Enfant dans votre ville aurais-je été fiché?", lui demande-t-il.

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