ALGÉRIE
05/05/2015 05h:27 CET | Actualisé 05/05/2015 05h:34 CET

Le rapport au pouvoir divise les "frères" du MSP : Soltani tente de pousser Makri vers la sortie

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L’ancien président du MSP, Bouguerra Soltani, veut engager un bras de fer politique avec son successeur à la tête du mouvement, Abderrezak Makri, en soumettant au Majliss Echoura du mouvement une résolution politique appelant à revenir sur la décision, prise en 2012, de quitter le gouvernement et d’aller dans l’opposition. Makri ne semble pas s’en inquiéter et affirme que cette question du retour dans la sphère du pouvoir n’est pas posée.

Bouguerra Soltani qui vit mal son éviction de la tête du mouvement et son basculement dans l’opposition est repassé à l’attaque. Il a annoncé qu’il allait demander au au Majliss Echoura du Mouvement de société de paix (MSP) de réviser les décisions prises en 2012 notamment celle qui mettait fin à la politique de “participation” au gouvernement.

Bouguerra Soltani a indiqué qu’il soumettre cet appel à la révision de la ligne politique du MSP lors de la réunion du Majliss Echoura qui se tiendra après le mois de ramadan. L’idée maitresse de cette révision est, sans surprise, est de revenir sur la décision de ne plus participer au gouvernement afin, dit-il dans une déclaration au journal Echourouk, “de fortifier les rangs intérieurs”.

Le printemps arabe, c’est fini, soyons réalistes…

Mis en minorité après les législatives de 2012, dénoncées comme “frauduleuses” par le MSP, l’ancien président du MSP qui occupait également la fonction de ministre d’Etat sans portefeuille affirme que la “majorité” est en faveur de la “participation pour réaliser un consensus national absent”.

Cela passe, dit-il, “par une période de transition dirigée par un gouvernement d’entente nationale pendant une année ou deux pour une mise en ordre permettant de sortir de la crise”.

Bouguerra Soltani affirme que les données qui ont conduit le Majliss Echoura du MSP à rompre avec la politique de participation en 2012 ne sont plus de mise en 2015. La politique n’est pas “noir ou blanc, on doit s’adapter avec les données réelles. Les décisions se révisent et s’adaptent en fonction de l’intérêt national”.

Le message Bouguerra Soltani à ses pairs du Majliss Echoura se décrypte facilement : le printemps arabe, c’est fini, soyons réalistes… revenons au gouvernement.

“Le congrès qui a approuvé la décision du Majliss Echoura de rompre le lien avec le pouvoir et de revenir sur la décision de participation s’est tenu dans le contexte du printemps arabe marqué par le sentiment de liberté des peuples arabes. Les choses se sont inversées aujourd’hui du fait de l’échec vécu par certains pays du printemps arabe”.

Bouguerra Soltani a estimé que si le Majliss Echoura validait sa proposition, il ne restait à Makri que la démission ou la convocation d’un Congrès. Vendredi, Abderrezak Makri, avait minimisé l’importance des déclarations répétées de Bouguerra Soltani contre le choix d’une politique d’opposition qu’il exprime de manière vigoureuse.

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"Il peut dire ce qu’il veut” a-t-il dit sur la chaine Al-Magharbiya, y compris encenser “Bouteflika et le pouvoir” mais cela n’a pas d’écho au sein du mouvement. (Voir la vidéo ci-contre à partir de la 26e).

La décision de se retirer du gouvernement et d’aller à l’opposition a été “sanctuarisée” par le Congrès, précise-t-il. “Le Congrès a ferme le jeu sur cette question. Le Majliss ne peut décider de retourner au gouvernement, c’est une décision du congrès, lequel a tranché sur le fait que le retour au gouvernement ne se fera que par le biais des élections”.

La question du retour au gouvernement n’est “absolument pas posée” a-t-il déclaré. Les deux seules possibilités sont les élections ou une situation grave marquée par des “effondrements graves”.

Le MSP n’a jamais été aussi “stable” qu’aujourd’hui, ni n’a connu un soutien aussi fort de la base, assuré Abderezzak Makri. “Bouguerra peut dire ce qu’il veut, cela ne me gêne pas. Je l’ai entendu, il a pris du temps pour défendre Bouteflika… L’opinion publique et les militants savent qui est Bouguerra Soltani et qui est Abderrezak Makri”.

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