MAGHREB
05/05/2015 14h:14 CET | Actualisé 05/05/2015 14h:14 CET

France: François Hollande fustige le "fichage" d'élèves musulmans à Béziers

French President Francois Hollande delivers a speech during a press conference in Riyadh, Saudi Arabia, Tuesday, May 5, 2015. Hollande is the guest of honor of the Gulf cooperation council summit in Riyadh, where security issues in the region are going to be discussed. (AP Photo/Christophe Ena, Pool)
ASSOCIATED PRESS
French President Francois Hollande delivers a speech during a press conference in Riyadh, Saudi Arabia, Tuesday, May 5, 2015. Hollande is the guest of honor of the Gulf cooperation council summit in Riyadh, where security issues in the region are going to be discussed. (AP Photo/Christophe Ena, Pool)

Le Président français, François Hollande, a rappelé mardi depuis Ryad en Arabie Saoudite que "le fichage d'élèves dans les écoles", comme celui effectué par le maire apparenté FN de Béziers, Robert Ménard, était "contraire à toutes les valeurs de la République".

"Il y a des principes dans la République et quand ils sont gravement atteints, les tribunaux en sont saisis et des sanctions seront prononcées par les juges compétents", a aussi déclaré le président de la République, lors d'une conférence de presse clôturant sa visite au Qatar et en Arabie Saoudite.

"Dans un pays comme la France, il ne peut y avoir de fichage d'éléves dans les écoles, en fonction de leurs noms (qui suggérerait) leur religion. C'est contraire à toutes les valeurs de la République", a-t-il poursuivi.

Robert Ménard a provoqué un tollé en faisant état d'un décompte des élèves musulmans de sa commune sur la base de leur prénoms.

Il y a "64,6%" d'élèves de confession musulmane à Béziers, a lancé M. Ménard lundi soir sur France 2 au cours de l'émission Mots Croisés.

"Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de le dire, le maire a classe par classe les noms des enfants. Je sais que je n'ai pas le droit de le faire. Pardon de le dire, les prénoms disent les confessions. Dire l'inverse, c'est nier l'évidence", a répondu M. Ménard à la fin de l'émission à un internaute qui s'interrogeait sur ce pourcentage.

Une perquisition était en cours mardi après-midi à la mairie de Béziers, menée par le SRPJ de Montpellier, a-t-on appris de source proche du dossier.

"Au-delà de la saisie des tribunaux, il était important que le gouvernement puisse se prononcer, dire que ce n'était pas la République et donc que ça ne serait pas toléré, a affirmé également M. Hollande donnant raison à son Premier ministre Manuel Valls.

Dans un tweet, ce dernier a lancé : "Honte au maire" de Béziers, estimant ensuite devant l'Assemblée nationale qu'il appartenait maintenant à Robert Ménard "de répondre devant la justice".

Le maire de Béziers a cependant nié mardi tout "fichage" dans sa ville.

"Il n'y a pas de fichage" des élèves scolarisés, a-t-il dit au cours d'une conférence de presse, précisant qu'il réservait à la justice ses explications sur la méthode employée pour aboutir au chiffre de "64,6%" d'élèves de confession musulmane.

"Cette polémique a le mérite de relancer le débat sur les statistiques ethniques", a également lancé l'édile, rappelant que Manuel Valls, alors député-maire d'Evry, avait annoncé fin 2009 son intention de déposer une proposition de loi allant en ce sens.

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