MAGHREB
04/05/2015 12h:33 CET | Actualisé 04/05/2015 12h:36 CET

Témoignage: Un soldat raconte les exactions d'Israël dans la bande de Gaza

Israeli soldiers stand behind a tank as heavy smoke rises from the Gaza Strip Tuesday, July 22, 2014. Israeli airstrikes pummeled a wide range of targets in the Gaza Strip on Tuesday as the U.N. chief and the U.S. secretary of state began an intensive effort to end more than two weeks of fighting that has killed hundreds of Palestinians and tens of Israelis. (AP Photo/Dusan Vranic)
ASSOCIATED PRESS
Israeli soldiers stand behind a tank as heavy smoke rises from the Gaza Strip Tuesday, July 22, 2014. Israeli airstrikes pummeled a wide range of targets in the Gaza Strip on Tuesday as the U.N. chief and the U.S. secretary of state began an intensive effort to end more than two weeks of fighting that has killed hundreds of Palestinians and tens of Israelis. (AP Photo/Dusan Vranic)

Appelons-le Arié. Disons qu’il a la vingtaine et une tête bien faite. Arié fait partie de la soixantaine de soldats israéliens qui ont accepté de témoigner auprès de l’organisation non gouvernementale Breaking the Silence au sujet de l’opération "Bordure protectrice", conduite à l’été 2014 dans la bande de Gaza.

Arié s’est longuement confié au Monde sur son expérience comme tireur à bord d’un char de combat. Il abordait la dernière ligne droite de son service militaire lorsqu’il a été envoyé à Gaza. Son témoignage, édifiant, est confirmé sur de nombreux points par ceux qui figurent dans le recueil de l’ONG, publié lundi 4 mai.

Je suis tireur dans un char. J’ai suivi une formation classique de quatre mois, puis quatre autres de formation spécialisée. C’est beaucoup de balistique, de calculs de distance, d’exercices pratiques. C’est vous qui contrôlez les armes, il faut rester calme et précis. On a un bouton qui permet d’allumer l’électricité dans le canon. Quand on le pousse, cela veut dire qu’on se rapproche du tir.

La règle élémentaire est: On ne joue pas avec, on n’essaie même pas de vérifier s’il fonctionne, on ne le pousse que si on va tirer. Et pour cela, il faut l’ordre du commandant. Ça devient instinctif. J’ai aussi appris que tout devait être rapporté. J’ai appris à scanner un paysage, de gauche à droite, de droite à gauche, et à faire un rapport. La décision de tirer est ensuite prise au-dessus de vous...