ALGÉRIE
04/05/2015 08h:27 CET | Actualisé 05/05/2015 10h:44 CET

65 maires sur 1541 en prison: la mauvaise image des édiles locaux n'est pas confirmée par les chiffres

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65 présidents d'assemblée populaire communale (maires) sont en prison, 1423 élus locaux ont maille avec la justice pour des chefs d'accusation divers allant de la mauvaise gestion à la dilapidation des deniers publics en passant par des fautes professionnelles. 532 de ces élus locaux ont été jugés et condamnés tandis que les autres sont en instance de jugement leurs affaires faisant toujours l'objet d'enquête judiciaires.

Ces chiffres ont été publiés dans l'édition du journal El Khabar du lundi 4 mai 2015. La wilaya d'Oran est en tête au niveau national par le grand nombre d'élus poursuivis. 13 maires de la Wilaya d'Oran qui compte 26 communes sont poursuivis. Elle est suivie par la wilaya de Tlemcen.

Le journal cite des rapports "sécuritaires" sur des maires et des élus poursuivis qui se sont livrés à de "vastes accaparements de bien immobiliers par des voies détournées et graves". Il cite le cas de la corniche oranaise où "la plupart des président d'APC et même des élus font l'objet de poursuites judiciaires et d'enquêtes".

La capitale Alger n'occupe pas "cette fois-ci" une place importante, note le journal. 124 élus locaux algérois sont poursuivis à travers les 54 communes de la wilaya d'Alger et la plupart des affaires portent sur le faux et l'usage de faux de documents. Le nombre d'affaire de corruption et pot-de-vins a baissé mais des enquêtes judiciaires sont toujours en cours sur des élus des précédentes assemblées populaires communales.

Dans la wilaya de Blida, un maire est en mandat de dépôt tandis que 23 élus locaux font l'objet de poursuites. Dans les wilayas de l'est du pays, 425 élus locaux et 12 maires font l'objet de poursuites. Au sud, 345 élus locaux sont poursuivis pour des affaires diverses.

Une proposition basse d'élus poursuivis

D'un autre coté, 10% des 26.000 élus des APC et APW n'ont pas fait une déclaration de biens malgré les dispositions de la loi. Pour rappel, l'Art 43 du code communal prévoit que l'élu qui fait l'objet de poursuites judiciaires "pour crime ou délit en rapport avec les deniers publics ou pour atteinte à l’honneur ou ayant fait l’objet de mesures judiciaires ne lui permettant pas de poursuivre valablement l’exercice de son mandat électif, est suspendu par arrêté du wali, jusqu’à intervention de la décision définitive de la juridiction compétente".

Ces chiffres sur les élus poursuivis pour des raisons diverses ne sont pas, mathématiquement parlant, accablant pour les édiles locaux malgré une image négative qui entache, en Algérie, tout ceux qui exercent des responsabilités. Les élus de l'APC à l'assemblée nationale n'y échappent à plus forte raison que le discours sur le poids de l'argent - la chkara - dans les élections est devenu très présent.

Il faut noter ce sens que le chiffre des élus locaux poursuivis (1423) rapporté au nombre total des élus dans le pays (26.000) donne un pourcentage assez modeste de 5,4%. Les 65 maires emprisonnés rapportés au nombre de mairie (1541) donnent un taux de 4,22%. Les élus locaux auraient-ils une image injuste dans les médias?

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