MAGHREB
03/05/2015 07h:41 CET | Actualisé 04/05/2015 12h:03 CET

Tunisie - Liberté de la presse: Des organisations dénoncent l'instrumentalisation politique des médias

Huffpost

MÉDIAS - Dans leurs rapports annuels présentés à la veille de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse, le syndicat des journaliste (SNJT) et l'organisation de protection des journalistes (OTPJ) ont prévenu samedi contre un phénomène d'instrumentalisation de la presse écrite et des médias audiovisuels.

Le SNJT a déploré la multiplication des atteintes à la déontologie journalistique, à travers plusieurs phénomènes:

  • Les partis pris de journalistes en faveur d'agendas politiques qui cherchent à blanchir l’ancien régime et l'ex-président Ben Ali
  • Des tentatives des autorités pour exercer une mainmise sur les médias à travers la sélection des journalistes accompagnant le président de la République lors de ses déplacements
  • Des dépassements observés par rapport aux chartes rédactionnelles et à organisation du travail rédactionnel dans le cadre de conseils et de comités de la rédaction
  • La propagation de rumeurs et la propagande au service de parties terroristes qui prônent l’extrémisme et la haine

En avril dernier, le président du syndicat, Néji Bghouri, avait avait exprimé son inquiétude face à un "retour des anciennes pratiques" dans le milieu médiatique:

"Nous avons eu plusieurs plaintes de journalistes, travaillant surtout dans des médias publics, qui affirment avoir reçu des instructions par téléphone essentiellement de la part de la présidence de la République", avait-t-il affirmé sur Shems FM.

Le conseil de la presse écrite et électronique permettra, selon le syndicat, de "mieux organiser le secteur et de jeter les bases d’une presse plus professionnelle".

"Hommes d’affaires corrompus et lobbies politico-financiers"

De son côté, l’Organisation tunisienne de protection des journalistes (OTPJ) a appelé à la tenue d’une conférence nationale sur la liberté de la presse pour discuter les moyens de protéger le secteur contre toute instrumentalisation par les "lobbies politico-financiers".

L’organisation relève aussi que la liberté de la presse est aujourd’hui menacée par "les hommes d’affaires corrompus et les lobbies politico-financiers qui cherchent à instrumentaliser le secteur de l’information au service de leurs intérêts douteux".

L’OTPJ a également recommandé l’élaboration d’un guide à l’intention des professionnels portant sur le traitement de la question du terrorisme. Ce guide devrait permettre de préciser la terminologie que les journalistes devraient adopter pour éviter toute instrumentalisation de l’information par des parties terroristes.

La situation actuelle de la presse constituerait un véritable danger au moment "où la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) se trouve incapable d’assumer ses responsabilités juridiques et en l’absence d’un conseil de la presse".

La HAICA, organe de régulation audiovisuelle, a été confronté plusieurs attaque depuis sa création, notamment lorsque deux de ses membres, Riadh Ferjani et Rachida Ennaifer, ont présenté leurs démissions, accusant l'instance de pratiquer "des dérives répétées" qui "risquent de provoquer la soumission du secteur audiovisuel au pouvoir de l'argent, de la politique et du sport".

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