ALGÉRIE
03/05/2015 14h:51 CET | Actualisé 03/05/2015 15h:32 CET

La remarquable course de fond de l'association "Entraide populaire en faveur des handicapés mentaux d'Alger"

entraide populaire alger

"Celui qui veut faire son marché se lève tôt !". C'est avec une jubilation souriante qu'un des membres de l'association de l'entraide populaire en faveur des handicapés d'Hussein-Dey expliquaient aux retardataires, ce samedi 2 mai 2015, qu'ils ont raté l'occasion de faire de bons et beaux achats.

De fait, à 11h30, les produits réalisés par les jeunes adultes handicapés du centre d'aide au travail (CAT), - il se trouve juste à la sortie de la station du métro "Mer et Soleil- étaient déjà raflés.

Les parents des pensionnaires du centre, très fiers de la qualité des produits réalisés par leurs enfants mais aussi des gens qui connaissent la noblesse - le mot n'est pas de trop - du travail mené par l'Entraide populaire, étaient venus tôt, pour la première des deux opérations de vente annuelle qu’organise l’association.

"Tout est parti" explique en souriant un des membres de l'association qui se chargeaient de l'encaissement. En deux heures de file bon enfant, tout a été vendu. "Et ce n'est pas de la charité, ce sont des très belles choses que nous avons achetées" explique sérieusement une dame qui portait avec délicatesse des produits en céramique.

Les héros du jour étaient-là pour une petite fête avec les parents et les membres, hyperactifs de l'association. Dans ce centre d'aide au travail, 120 handicapés fabriquent des choses et sont aidés avec l'espoir - c'est arrivé parfois - qu'ils puissent créer, en dehors du centre, leur propre atelier.

Le centre, ouvert en 2009, prend en charge des jeunes qui ont atteint les 20 ans après être passés par des centres spécialisés. Ils travaillent dans plusieurs ateliers : blanchisserie, artisanat, broderie, tissage, mosaïque, menuiserie et décoration. Et Il y avait chez les familles comme chez les membres de l'équipe du centre un sentiment de fierté et de satisfaction : la qualité des produits suscitait une admiration non feinte. "

"Le centre va prélever le coût de la matière première mais le produit de la vente ira aux jeunes" précise Hocine El Osmani, directeur administratif et financier de l'association.

L'Association prend en charge quelque 400 jeunes dans ses cinq centres qui se trouvent à Hussein-Dey, Maqaria et El Harrach. Il y a un centre d'aide au travail pour les jeunes adultes, deux centres pour enfants, un centre pour adolescent et un entre de formation professionnel adapté. L'association à un projet d'établissement occupationnel pour des handicapes lourds qui reste en attente de trouver un terrain ou de locaux.

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L'immense travail de Marie Thérèse Brau

L'association qui fait un travail remarquable fonctionne principalement grâce à l'aide des donateurs. Dans le domaine de l'aide publique, les chose se sont améliorées ces dernières années. Le ministre de la solidarité apporte son soutien à l'association t s'intéresse grandement à son action. .

Hier, en cette journée particulière, il suffisait de citer le nom de Marie Thérèse Brau pour que les visages s'illuminent. L'association Entraide populaire en faveur des handicapés mentaux, c'est son œuvre.

Marie Thérèse Brau qui se remet lentement de gros problèmes de santé a réussi à créer une institution qui fonctionne même sans elle. Et c'est probablement une source de grande satisfaction pour elle de voir que l'action, tenace, têtue même, entamée d'ailleurs bien avant l'indépendance, dans le quartier d'Oued Ouchaïah, au sein d'une association progressiste, se poursuit.

Relayée par des femmes et des hommes qui ne se contentent pas de "travailler" mais qui "militent" dans le plus beau sens terme : le don de soi. Dans ces quartiers populaires d'Oued-Ouchaïah, La Montagne ou d'El Harrach, où Marie Thérèse Brau, a été toujours été dans son élément, les difficultés des familles des enfants handicapés mentaux l'alertent.

Au début des années 70, elle lance, entre Oued-Ouchaïah et Maqaria (Leveilley), le premier centre associatif pour la prise en charge d'enfants handicapés. Ensuite ce sera la mise en place en 1973, avec l'aide efficace d'Elisabeth Delaborde à partir de 1979, de l’AEPFHM (Association d’Entraide Populaire Familiale en Faveur des Handicapés Mentaux).

Un terrain vierge où il fallait tout faire. Et beaucoup de choses ont été faites même si les moyens ne suivent pas et l'aide des pouvoirs publics limitée.

Grâce à ce travail au long cours, les familles, qui avaient tendance à "subir" comme une honte la situation de leurs enfants, se sont pris à avoir des espoirs "raisonnables". Les mentalités ont changé. Les familles s'occupent de leurs enfants sans se cacher. Ils sont même source de fierté même comme cela était palpable hier au CAT d’Hussein-Dey. Tout comme était fortement présente la "sœurette" comme certains continuent d'appeler Marie Thérèse Brau.

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