MAGHREB
01/05/2015 07h:42 CET

L'ex-détenu tunisien de Guantanamo proteste devant l'ambassade des États-Unis à Montevideo (PHOTOS)

Three freed Guantanamo Bay detainees, who were resettled in Uruguay, protest outside the U.S. embassy in Montevideo, Uruguay, Friday, April 24, 2015. From left are Omar Abdelahdi Faraj and Ali Husain Shaaban, both of Syria, and Adel bin Muhammad El Ouerghi, of Tunisia. The men are protesting after they were asked to leave a hotel where some stayed periodically, and demand Washington help them financially. They say the house where they were initially resettled didn't have enough space for all of
ASSOCIATED PRESS
Three freed Guantanamo Bay detainees, who were resettled in Uruguay, protest outside the U.S. embassy in Montevideo, Uruguay, Friday, April 24, 2015. From left are Omar Abdelahdi Faraj and Ali Husain Shaaban, both of Syria, and Adel bin Muhammad El Ouerghi, of Tunisia. The men are protesting after they were asked to leave a hotel where some stayed periodically, and demand Washington help them financially. They say the house where they were initially resettled didn't have enough space for all of

Adel El Ouerghi, Tunisien sorti de Guantanamo et trois autres anciens détenus accueillis par l'Uruguay en décembre ont manifesté devant devant l'ambassade américaine à Montevideo. Ils réclament une indemnisation des Etats-Unis après leurs années de captivité.

L'ambassade américaine a fait savoir que les hommes devraient prendre rendez-vous pour être reçus.

Disposant du statut de réfugiés et vivant à Montevideo, ils ont déjà témoigné de leurs difficultés d'adaptation, tant en raison de la langue que du coût de la vie et de leur longue incarcération. Le gouvernement uruguayen, qui leur fournit une aide financière et un logement, a indiqué leur avoir proposé un accord, incluant selon la presse la nécessité d'apprendre l'espagnol et de commencer à travailler, pour leur permettre de continuer leur processus d'insertion.

Ces anciens détenus "ont la liberté de lancer des actions pénales et civiles. Ils ont souffert d'une injustice", a estimé le ministre des Affaires étrangères Rodolfo Nin Novoa, interrogé par le journal local El Pais.

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Les deux syriens et Adel Ouerghi (à droite) ne sont pas contents de leur situation

Un ex-détenu tunisien de Guantanamo refait sa vie à Montevideo

Ce tunisien âgé de 50 ans, détenu durant 12 ans dans la prison américaine située à Cuba et transféré le 7 décembre dernier en Uruguay, est en pleine réinstallation à Montevideo, où il a trouvé refuge en décembre 2014, rapporte l'agence Associated Press.

En 2007, le ministère de la Défense américain soupçonnait El Ouerghi d'avoir été un formateur en explosifs pour Al Qaida, d'avoir connu Ben Laden et d'avoir eu connaissance à l'avance des attaques du 11 septembre.

En 2014, lorsque les Etats-Unis avaient décidé de libérer des prisonniers faute de preuves, Adel El Ouerghi et cinq autres anciens détenus de Guantanamo (un palestinien et quatre syriens) avaient été transférés en Uruguay.

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Les détenus prient devant l'ambassade des États-Unis à Montevideo

L'ex-président, Jose Mujica, ancien guérillero emprisonné durant treize ans (1973-1985) bien avant d'accéder au pouvoir en 2009, avait déclaré avoir "fait un geste de nature humanitaire en acceptant ces hommes" dans son pays.

"Ils seront aidés", avait-t-il dit, "dans ce pays qui ne contient que 300 Musulmans".

Le gouvernement uruguayen a offert aux six réfugiés un salaire d'environ 600 dollars, soit environ 1.200 dinars tunisiens.

Le Tunisien et ses compagnons avaient exprimé leur gratitude au président de l'époque dans une lettre de remerciement.

M. Mujica leur avait même rendu visite dans le quatre pièces qu'ils partageaient dans la capitale uruguayenne. Il les avait encouragé à trouver un travail et à apprendre la langue du pays.

"Si tous les présidents du monde étaient comme Mujica, il n'y aurait pas de problèmes", a affirmé Adel El Ouerghi à l'agence AP dans la première interview qu'il a accordé à un média depuis sa libération.

En effet, l'ex-détenu souffre d'anxiété, de troubles de la concentration et de problèmes de vue.

A noter que deux des trois Tunisiens restants à Guantanamo ont été transférés au Kazakhstan en décembre dernier.

Dans le monde, plusieurs pays comme l'Estonie, Oman, le Kazakhstan, la Georgie, la Slovaquie, l'Afghanistan et l'Uruguay ont accepté d'accueillir d'anciens détenus de la prison .

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