MAGHREB
01/05/2015 15h:28 CET | Actualisé 02/05/2015 09h:13 CET

Manifestation à Tunis pour "réclamer la vérité" sur Sofiène Chourabi et Nadhir Ktari, disparus en Libye

AFP

Près de 200 personnes ont manifesté vendredi à Tunis pour "réclamer la vérité" sur le sort de deux journalistes tunisiens disparus en Libye et qui ont été tués selon des suspects détenus dans ce pays en plein chaos.

"Rendez-nous Sofiène! Rendez-nous Nadhir!", "A bas n'importe quel président tant que le sang des Tunisiens ne vaut rien", a scandé la foule en brandissant des portraits des deux jeunes hommes.

Sofiène Chourabi, un blogueur et journaliste très actif lors de la révolution tunisienne, et le photographe Nadhir Ktari avaient été capturés une première fois le 3 septembre dans l'est de la Libye et libérés quelques jours plus tard.

Ils auraient ensuite été une nouvelle fois arrêtés par un groupe armé et ont disparu le 8 septembre.

En janvier, la branche libyenne de l'organisation Etat islamique (EI) avait affirmé les avoir exécutés, une annonce qui avait suscité l'horreur en Tunisie et que les autorités s'étaient refusées à croire en l'absence de preuves matérielles.

Mais mercredi soir, le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale a annoncé que des détenus avaient admis leur responsabilité dans les meurtres de sept journalistes, dont ceux des deux jeunes Tunisiens.

Vendredi, les proches des deux journalistes ont fait part de leur colère contre les autorités tunisiennes, qu'ils accusent de "ne pas en avoir fait assez" et d'avoir tenu des propos rassurants sur leur sort sans preuves.

"De rumeur en rumeur, nous n'en pouvons plus. Dites-nous la vérité. Rendez-nous nos enfants", a dit à la presse la mère de Sofiène Chourabi, en pleurs, tandis qu'un cousin de Nadhir Ktari lançait: "Donnez-nous quelque chose de tangible. Vous nous avez trop menti !".

"Tout responsable qui n'a pas fait son travail doit rendre des comptes", a de son côté martelé Henda Chennaoui, l'une des organisatrices du rassemblement.

Plus tôt, le Premier ministre Habib Essid avait indiqué lors d'une conférence de presse à l'occasion du 1er mai qu'un juge d'instruction tunisien se rendrait samedi en Libye. "Les informations ne sont pas claires", a-t-il dit.

La Libye, plongée dans le chaos et dirigée par deux gouvernements et parlements rivaux, est livrée aux milices depuis le renversement de Mouammar Kadhafi au terme de huit mois de soulèvement en 2011.

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