ALGÉRIE
01/05/2015 05h:17 CET | Actualisé 02/06/2015 10h:55 CET

Les chiffres inquiétants du 1e trimestre 2015: 1.365 enfants impliqués dans des affaires criminelles, 1281 violentés

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Deux enfants impliqués dans une affaire de meurtre, quatre autres dans une tentative de meurtre. C'est ce que révèlent des statistiques de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) pour le premier trimestre 2015 qui donnent le chiffre, inquiétant, de 1365 enfants impliquées dans des affaires criminelles.

Dans cet énoncé inquiétant des statistiques fait par la commissaire divisionnaire, Kheira Messaoudene à l'agence APS, on apprend également que sept mineurs sont impliqués dans des affaires de violence contre ascendants et sept autres dans des affaires de violence causant la mort.

Mais le plus grand nombre d'acte de délinquance se rapporte, sans surprise, à des affaires de vols. Ils sont 438 enfants à avoir été impliqués dans des affaires de vol. 67 mineurs sont impliqués dans l'association de malfaiteurs, 75 dans des affaires de mœurs, 81 consomment de la drogue. La même source indique, sans précision, que 332 autres enfants sont impliquées dans "divers délits".

Parmi ces enfants impliqués dans des affaires criminelles, 19 enfants ont moins de dix ans, a indiqué la commissaire. La tranche d'âge la plus concernée par les actes de délinquance est constituée par ceux qui sont à l'orée de l'âge adulte, les 16-18 ans. Ils sont au nombre de 858 et représentent 62.86% du total. Ils sont suivis immédiatement par les 13-16 ans au nombre de 423, soit 30.99%.

Les deux tranches d'âges réunies représentent près de 94% du nombre global des enfants impliquées dans des affaires criminelles au cours du premier trimestre 2015. Une tendance qui confirme les appréciations de spécialistes qui considèrent que la période de l'adolescence - 13-18 ans - est particulièrement délicate notamment au sein des familles fragilisées ou éclatées.

Le passage à la délinquance se fait pratiquement dans cette période d'adolescence. La commissaire citée par l'APS évoque, comme explication, la "dégradation des valeurs morales dans la société", «les conséquences néfastes de l'usage des nouvelles technologies", "l'absence de l'autorité parentale" et des défaillances des collectivités et des associations.

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Six enfants tués, 756 enfants violentés, 372 victimes d'agressions sexuelles

Les statistiques des violences subies par les enfants au cours du premier trimestre 2015 sont également édifiantes et effrayantes. Selon les chiffres donnés par la commissaire divisionnaire, Kheira Messaoudène, du Bureau national de la protection de l'enfance et de la délinquance juvénile (DGSN), 1281 cas de violences sur enfants ont été enregistrées au cours de ces trois premiers mois.

Six enfants ont été tués à la suite de coups et blessures. 756 enfants ont subis des violences physiques et 372 ont été victimes d'agressions sexuelles. On a enregistré également 20 cas d'enlèvements d'enfants.

Le phénomène est plus "important qu'on ne le croit" a indiqué Mme Messaoudène. En 2014, 6151 enfants ont fait l'objet de divers types de maltraitances, dont 3533 physiques, suivies de sévices sexuels (1663).

Des violences qui, dans certains cas, sont fatales. En témoigne le cas de Ramzy, enfant âgé de 11 ans, tué ce jeudi à El-Biar (Alger) par le père de son ami à la sortie de son école. Après une "dispute" avec son ami, le père de celui-ci, âgé de 55 ans, lui a assigné de violents coups. Ramzy est décédé suite à une hémorragie interne.

La commissaire a fait remarquer que les statistiques des violences contre enfants ne peuvent qu'être que partielles car elles ne concernent que les cas signalés. "Il est évident que les parents préfèrent observer le silence".

C'est le silence des statistiques par rapport à la réalité qui est régulièrement mis en lumière par les différents acteurs qui s'occupent de la jeunesse.

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L'Algérie qui a connu une décennie de violence traîne des traumatismes non-traités estiment des spécialistes. En 2007, la Forem (Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche) a estimé à au moins un million le nombre d’enfants victimes des traumatismes liées aux violences de la décennie 90.

Selon la Fondation, seulement 5% ont bénéficié d'un traitement approprié. C'était déjà un indicateur sur l'état de la santé mentale générale et son incidence sur les enfants.

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