MAROC
07/04/2015 08h:05 CET | Actualisé 07/04/2015 08h:07 CET

CAN: L'avocat Michel Boyon s'exprime au sujet de la décision du Tribunal Arbitral du Sport dans une interview accordée au Figaro

CAN: l'homme qui a sauvé le Maroc
PASCAL GUYOT via Getty Images
CAN: l'homme qui a sauvé le Maroc

SPORT – Le 2 mars dernier, le Tribunal Arbitral du Sport avait annulé en grande partie les sanctions sportives prises par la Confédération africaine de football (CAF) contre le Maroc, qui avait refusé d’organiser la CAN 2015, suite au risque de propagation du virus Ebola. C’est l’avocat français Michel Boyon, ancien directeur du cabinet de Jean-Pierre Raffarin entre 2003 et 2005 et ex-président du CSA entre 2007 et 2013 qui a été en charge de défendre le dossier marocain. Dans une interview accordée au Figaro, celui qui a sauvé le Maroc de l’exclusion des deux prochaines CAN (2017 et 2019) fait le point sur cette affaire. Morceaux choisis.

Un dossier complexe

"La complexité juridique était réelle car les textes qui définissent les statuts, l'organisation, les règles du jeu, ne sont pas toujours cohérents (…) Nous avons vu que dans les décisions sévères prises le 6 février (Ndlr: deux exclusions de la CAN 2017 et 2019, huit millions d'euros de dommages et intérêts, 1 million de dollars d'amende), il y avait des irrégularités de forme et des appréciations très discutables sur le fond. Nous avons préparé une argumentation 360 degrés sur l'ensemble de ces points, en nous disant que le Tribunal Arbitral du Sport ferait son choix face à ses irrégularités. En définitive, le TAS a retenu l'absence de proportion entre la gravité des sanctions infligées au Maroc et les comportements reprochés à ce pays".

Ebola, un risque réel

"Contrairement à ce qui a été dit par la CAF, le Maroc n'a jamais renoncé à organiser la Coupe d'Afrique des Nations. Il a souligné en octobre que le virus Ebola avait déjà causé 5000 morts ; aujourd'hui nous en sommes à 10000 victimes. On sait que ce virus est contagieux et qu'en cas de rassemblement massif de population, la situation peut être grave. Vous comprendrez qu'un stade n'est pas l'endroit idéal".

Une injustice réparée

"Les Marocains n'y croyaient plus, ils étaient résignés. Vous savez, la justice et le droit ne font pas toujours bon ménage. La décision du TAS répare une injustice. Les Marocains n'ont pas compris la décision de la CAF, le sentiment d'injustice était profond. Sur le plan des infrastructures, le pays était prêt, mais dans l'intérêt de la santé publique il a été courageux (…) Cette décision sera importante pour l'avenir de la justice dans le sport. Le Tribunal Arbitral existe depuis 30 ans, il s'est affirmé et a acquis de l'autorité, de la légitimité, et grâce à lui on comprend que le sport n'est pas qu'une affaire d'argent mais qu'il y a des valeurs au-dessus. De ce point de vue, cette décision sera très importante pour la construction de la justice sportive et du droit sportif".

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