MAROC
06/04/2015 13h:15 CET | Actualisé 06/04/2015 13h:16 CET

Code pénal: Militants et activistes se mobilisent sur les réseaux sociaux contre le projet de loi

"Le code pénal ne passera pas": Levée de boucliers sur les réseaux sociaux
"Le code pénal ne passera pas": Levée de boucliers sur les réseaux sociaux

JUSTICE - Le Code pénal ne passera pas (#‏القانون_الجنائي_لن_يمر ). C'est derrière ce hashtag que le mouvement de résistance contre le code pénal s'organise sur les réseaux sociaux.

"RIP libertés individuelles"; "Dae'ch n'ont aucune raison de venir au Maroc: leurs frères du PJD servent déjà leur agenda". Sur les réseaux sociaux, la contestation ne faiblit pas. Rendu public mercredi 1er avril par le ministère de la Justice, l'avant-projet comporte des dispositions jugées régressives par certains internautes et acteurs associatifs.

Deux jours à peine après le dépôt de l'avant-projet de code pénal sur le site du département de Mustapha Ramid, une page Facebook reprenant le hashtag #‏القانون_الجنائي_لن_يمر a vu le jour. Totalisant quelques 7.300 fans, elle dénonce, via articles de presse, caricatures et posts Facebook, l'avant-projet de code pénal.

Un post de la page Facebook "Le code pénal ne passera pas" ‫‫#‏القانون_الجنائي_لن_يمر

code penal reactions facebook

Les articles de loi jugés régressifs par la page Facebook y sont présentés comme suit:

L'article 16 concernant la peine de mort

"Cet article consacre la peine de mort, qui est une sanction inhumaine, inutile, violant les droits humains fondamentaux, en particulier le droit à la vie et le droit à ne pas être soumis à des peines ou à des traitements cruels, inhumains ou dégradants, consacrés par les articles trois et cinq de la Déclaration universelle des droits de l'Homme".

L'article 219 sur le blasphème

"Un autre article à vous faire froid dans le dos. Je paraphrase: “est punie d’une peine de un à cinq ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 toute insulte ou moquerie, par toutes les voies, y compris l’insinuation, envers dieu et les prophètes”. Dieu est il un mineur pour que les hommes soient obligés d’inventer des lois pour le protéger? Cet article criminalise le blasphème en violation de l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l'homme dont le Maroc est signataire".

Les articles 418 et 420 sur le crime d’honneur

"Les articles 418 et 420 prévoient en effet des circonstances atténuantes en cas de crime d’honneur. Selon les articles, si l'un des membres d'une famille est surpris en flagrant délit d'adultère par un autre membre, la sanction peut être atténuée au lieu d’être à la hauteur de la gravité du crime. Ainsi, si l’auteur des violences a été témoin d’un acte d’adultère commis par la victime, il peut bénéficier d’une atténuation. Si le crime est punissable par la peine de mort ou la perpétuité, la peine est diminuée, pour ne devenir qu'un à cinq ans de prison".

Les articles 489 et 490 sur l’homosexualité et les relations hors mariage

"L'article 489 criminalise l'homosexualité de six mois à trois ans de prison et d'une amende située entre 2.000 et 20.000 dirhams. L’article 490, quant à lui, criminalise tout contact sexuel entre deux adultes consentants en dehors du mariage (entre un et trois mois de prison et une amende située entre 2.000 et 20.000 DH). Est-ce vraiment la responsabilité de l’Etat, en l’an de grâce 2015, de dicter le comportement sexuel d'adultes consentants ? La question est ouverte".

Sur Twitter aussi, le hashtag #القانون_الجنائي_لن_يمر (Le code pénal ne passera pas) fait fureur.

"Certains voient ce projet de loi comme la libération d'Al Qods (Jérusalem), et Ramid comme Khalid Ibn Al-Oualid"

"En tant que citoyenne marocaine, j'exprime mon rejet le plus vigoureux des nouvelles lois"

"Les lois moyenâgeuses doivent tomber"

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