MAGHREB
02/04/2015 08h:38 CET

Selon les Iraniens, les négociations sur le nucléaire pourraient bientôt prendre fin

From left:  Robert Malley, of the US National Security Council, US Secretary of Energy Ernest Moniz, US Secretary of State John Kerry, US Under Secretary for Political Affairs Wendy Sherman, Iranian Deputy Foreign Minister Abbas Araghchi, Head of Iranian Atomic Energy Organization Ali Akbar Salehi and Iranian Foreign Minister Mohammad Javad Zarif wait for a meeting, Friday, March 27, 2015 in Lausanne, Switzerland. The Iranian and US officials are in Switzerland to continue negotiations on the Iranian nuclear program. (AP Photo/Brendan Smialowski, Pool)
ASSOCIATED PRESS
From left: Robert Malley, of the US National Security Council, US Secretary of Energy Ernest Moniz, US Secretary of State John Kerry, US Under Secretary for Political Affairs Wendy Sherman, Iranian Deputy Foreign Minister Abbas Araghchi, Head of Iranian Atomic Energy Organization Ali Akbar Salehi and Iranian Foreign Minister Mohammad Javad Zarif wait for a meeting, Friday, March 27, 2015 in Lausanne, Switzerland. The Iranian and US officials are in Switzerland to continue negotiations on the Iranian nuclear program. (AP Photo/Brendan Smialowski, Pool)

INTERNATIONAL - Entamées depuis le lundi 30 mars, les nouvelles discussions sur le programme nucléaire iranien se poursuivent.

Le dénouement se profilait jeudi dans les négociations de Lausanne sur le nucléaire iranien, les représentants de Téhéran faisant état de "progrès significatifs" après une nouvelle nuit de discussions avec les grandes puissances.

Les négociateurs des P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne) et de l'Iran ont négocié "ligne par ligne" les contours d'un accord d'étape, selon des sources proches des négociations.

"Nous avons fait des progrès significatifs, mais nous n'avons pas encore de résultat final", a déclaré jeudi matin le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, tandis que le négociateur en charge des questions techniques, Ali Akhbar Salehi, versait dans le lyrisme: "la lumière est à l'horizon", a-t-il lancé.

Selon M. Zarif, "il est prévu de faire une déclaration de presse si les choses avancent aujourd'hui".

M. Zarif et son homologue américain John Kerry, qui sont les deux principaux protagonistes du dossier, ont discuté quasiment toute la nuit, pendant que se déroulaient des bilatérales entres les autres ministres et que s'enchaînaient les réunions entre experts.

"On est à quelques mètres de l'arrivée, quelques dizaines de mètres mais on sait aussi que ce sont toujours les plus difficiles", avait résumé mercredi soir le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius en arrivant à Lausanne peu avant minuit.

"L'enjeu est très important car il s'agit de la lutte contre la prolifération nucléaire et d'une certaine manière de la réintégration de l'Iran dans la communauté internationale", a-t-il estimé.

Son homologue allemand Franz-Walter Steinmeier a d'ailleurs annulé à la dernière minute un voyage prévu dans les pays baltes pour continuer les négociations.

L'Iran et les grandes puissances tentent de parvenir à un projet d'accord fondamental sur le nucléaire, permettant d'aller vers la conclusion d'un texte final d'ici au 30 juin.

L'histoire n'est pas finie

La communauté internationale veut brider le programme nucléaire iranien et le contrôler étroitement pour s'assurer que Téhéran ne se dotera jamais de la bombe atomique, en échange d'une levée des sanctions internationales qui étranglent son économie.

Mais le compromis espéré ce jour ne marquera pas la fin de l'histoire. En effet, même si les négociateurs réussissent à s'entendre sur tous les grands "paramètres" et à fixer des orientations assez précises (qui ne seront d'ailleurs peut-être pas toutes publiées), tous les détails techniques devront être éclaircis et finalisés pour cet accord final le 30 juin.

"C'est un accord cadre. Ca ne consiste pas à régler la question de façon définitive, ça consiste à fixer les paramètres de l'accord final et les clarifier de façon suffisamment précise pour éviter autant que possible les ambiguïtés et que les dissonnances restent un minimum sous contrôle", selon un diplomate occidental.

"Arriver à un accord d'ici fin juin sera un travail difficile et immense", a d'ailleurs prévenu M. Zarif jeudi matin.

MM. Kerry et Zarif, impliqués depuis un an et demi dans ces tractations laborieuses, ont besoin d'un accord d'étape substantiel qui puisse leur permettre de tenir le cap et d'acheter du temps face à leurs faucons respectifs et face aux puissances régionales hostiles à tout compromis.

Points d'achoppement

Après un an et demi de tractations acharnées, de Genève à Lausanne en passant par Vienne et New York, les discussions ont essentiellement buté sur deux problèmes: les sanctions et la recherche et le développement permettant à l'Iran de développer des centrifugeuses plus performantes.

Les centrifugeuses permettent d'enrichir l'uranium et cette question est au coeur du problème. Enrichi à 90%, l'uranium est destiné à la fabrication d'une bombe atomique, et la communauté internationale soupçonne Téhéran de vouloir acquérir cette arme, ce que l'Iran a toujours démenti.

L'autre difficulté concerne les sanctions, américaines, européennes et surtout onusiennes, dont Téhéran réclame la levée rapide dès la conclusion d'un accord.

"Ils veulent savoir précisément comment elles seront suspendues, abrogées, dans quel ordre, lesquelles...", a expliqué un diplomate du P5+1.

La levée -progressive ou immédiate- des sanctions, la façon de les réimposer en cas de violations de ses engagements par l'Iran sont également discutées au sein du P5+1, où Russes et Chinois, traditionnellement hostiles aux sanctions, sont plus disposés à les alléger rapidement que d'autres (Etats-Unis, France).

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