ALGÉRIE
01/04/2015 14h:09 CET | Actualisé 01/04/2015 14h:29 CET

La diversification de l'économie algérienne passe par le marché africain, selon Karim Mahmoudi

Michael Fleshman/Flikr

Vous voulez contribuer à la diversification de l'économie algérienne? Vous pouvez le faire et les capitaux géants ne sont pas un pré-requis. Les investissements en Afrique de l'Ouest ne se font pas qu'en milliards de dollars, souligne Me Karim Mahmoudi qui prospecte le marché africain depuis presque 10 ans. Selon lui, on peut démarrer un projet avec 10 000 €.

"Nous encourageons les Algériens et les Algériennes qui ont des idées de projets. Ils peuvent démarrer à 10, 20 ou 30 milles euros et ils peuvent faire des affaires", indique Me Mahmoudi sur la webradio Radio M, ce mercredi 1er avril.

A la possibilité de lancer de petits projets s'ajoute un climat d'affaires favorable. On peut créer une entreprise au Sénégal en 48 heures, et il est possible d'y organiser une réunion sans demander une autorisation, contrairement à l'Algérie, affirme Me Mahmoudi pour qui l'attractivité d'investissement au Sénégal devrait encourager les Algériens.

Mieux encore, la bureaucratie que les Algériens connaissent très bien dans leur pays est quasi-inexistante au Sénégal. "L'APIX (agence de promotion de l'investissement et des grands projets), équivalent de l'ANDI en Algérie, vous accompagne. Vous n'avez pas besoin d'aller pour votre résidence ou pour dossier fiscal, etc. C'est eux qui s'occupent de toutes les démarches", explique-t-il.

Mais il ne s'agit pas uniquement d'investissement à l'étranger. "Nous privilégeons tous les échanges des biens et services", ajoute-t-il.

Effectuer le Hadj en passant par Dakar

Me Mahmoudi donne un exemple de partenariat qu'offre le Sénégal et qui pourrait faciliter la vie à de nombreux Algériens. Il s'agit du voyage du Hadj (pèlerinage à la Mecque). "Ici en Algérie, il faut connaître X et Y pour avoir ce que j'appellerai une autorisation, pas un passeport de Hadj", indique-t-il. "Mais au Sénégal tout a été libéralisé. Alors nous sommes en train de monter une agence de voyages pour prendre les Algériens et les Algériennes à la Mecque, sans piston, sans rien du tout".

"Vous voulez aller faire le hadj? On vous prend à partir de Dakar. Vous avez votre visa de pèlerinage, [...] et au lieu de payer un pot de vin (pour un passeport de Hadj en Algérie), vous payez seulement votre billet Alger-Dakar en plus", explique Me Mahmoudi qui ajoute que ce projet est en phase avancée.

"On a déjà créé une agence de voyages avec des partenaires, et une agence d'investissement qui va s'occuper de ça", déclare-t-il.

Privé à privé

Si l'Etat algérien se réveille tardivement et essaie de diversifier l'économie nationale à travers les mesures annoncées lundi visant une meilleure maîtrise du commerce extérieur, principalement en lorgnant le marché africain, certains acteurs économiques privés n'ont pas attendu un feu vert du gouvernement. Ce sont ces Algériens là que Me Mahmoudi, aide pour investir en Afrique de l'Ouest.

Pour ce faire, le Groupement de Partenariat Algérie-Sénégal (GPAS) a été créée. "C'est une initiative privée, une sorte de chambre de commerce. Nous avons quand-même eu le soutien moral de la présidente du Conseil Social et environnemental au Sénégal, c'est l'équivalent du Conseil Économique Social algérien", explique Me Mahmoudi, président de la CCFC (confédération des cadres de la finance et de la comptabilité).

Le GPAS, espère Me Mahmoudi, va se transformer en un groupement de partenariat Algérie-Afrique d'ici quelques années. "Nous sommes en contact avancé avec le Mali, les Niger et le Ghana", déclare-t-il.

Il plaide pour des partenariats économiques "privé à privé" entre l'Algérie et les pays africains sans attendre l'appui de l'Etat algérien. "Je n'ai aucun contact avec les officiels. Moi je suis privé, et je travaille avec les privés", indique-t-il.

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