MAROC
01/04/2015 04h:42 CET | Actualisé 03/04/2015 07h:53 CET

Entretien avec le directeur de l'Institut Mohammed VI de formation des imams, Abdeslam Lazaar

HuffPost

RELIGION - La peinture est encore fraîche, les arbres tout juste plantés s’adaptent à leur nouvel environnement: fontaines, zellige et grandes portes en cèdre. Inauguré le vendredi 27 mars par Mohammed VI, l’institut de formation des imams fonctionne déjà à plein régime. Rencontre avec son directeur: Abdeslam Lazaar.

HuffPost Maroc: Vous étiez auparavant le directeur de l’Institut de formation des imams maliens, qu’est ce qui a changé maintenant que vous dirigez l’Institut Mohammed VI?

Abdeslam Lazaar: Ma mission a évolué. Elle est passée d’une simple mission éducative avec les premiers étudiants maliens, à une mission beaucoup plus large. J’avais le temps d’enseigner avant, plus maintenant. Dorénavant, ma tâche couvre d’autres domaines comme la logistique, ou l’administration, que je dirige désormais. Et c’est une toute autre échelle, j’ai sept fois plus d’étudiants qu’avant!

Combien sont-ils? Et de quelles nationalités?

En tout, ils sont plus de 700. Il y a des Tunisiens, des Français, des Ivoiriens, des Maliens et des Guinéens. Mais il y a aussi les étudiants marocains: 150 prédicateurs, et 100 prédicatrices. Eux ne sont pas logés comme les internes, mais ils déjeunent tous les jours à l’institut.

Suivent-ils tous la même formation?

Non, ils sont séparés selon leurs nationalités. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il n y a qu’un islam. Il s’appuie sur un corpus: l’école malékite, la doctrine achâarite, et le sunnisme. Ces écoles sont des outils, qui nous permettent de répondre aux attentes actuelles. L’islam s’adapte à toutes les époques, c’est sa force. Cet islam qu’on enseigne, il s’adapte aussi à différentes cultures. C’est pour ça que la démarche pédagogique de l’institut vise à tenir compte des attentes, des aspirations de chacun des pays. Les Maliens, les Ivoiriens, les Guinéens ou les Français ne vivent pas les mêmes situations historiques, culturelles, et leurs défis ne sont pas les mêmes.

En quoi cet enseignement permet-il de lutter contre le terrorisme?

Ce qui pose problème, ce sont les interprétations personnelles, volontairement politiciennes. La racine du mal n’est pas dans l’islam, elle est dans l’interprétation hasardeuse, et les déviances qui sont parfois volontaires et volontaristes avec des fins politiques et politiciennes. Que ça soit à l’étranger, ou dans certains pays musulmans et arabes qui utilisent la religion à des fins purement politiques. Cet institut à pour mission de dire: voila le vrai corpus, vous pouvez l’adaptez à vos pays, mais avec intelligence, en utilisant la raison. Et pas seulement en restant dans l’interprétation.

Les formations viennent de commencer… Comment se sont passés vos deux premiers jours?

C’est un miracle… L’institut a été inauguré le vendredi 27 mars, et l'enseignement a commencé trois jours plus tard. Tous les cours maintenant se déroulent normalement … Tout ici est question de miracle, la beauté exceptionnelle du lieu, mais aussi la gestion, qui est impressionnante: c’est un travail énorme.

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