MAROC
31/03/2015 09h:41 CET | Actualisé 16/04/2015 18h:30 CET

Reportage: Une journée avec le Rallye des Gazelles

Rallye des Gazelles 2015: ces femmes qui affrontent le désert marocain
MAÏïenga
Rallye des Gazelles 2015: ces femmes qui affrontent le désert marocain

COMPÉTITION - 10h15, départ de Marrakech sous un soleil de plomb. La route est longue pour rejoindre le bivouac du Rallye des Gazelles, installé à M’hamid El Ghizlane, un village situé à une cinquantaine de kilomètres de Zagora.

Mais le décor en vaut la peine. Des cols enneigés du Tichka aux plaines étonnement verdoyantes de Ouarzazate – les inondations et fortes pluies de ces derniers mois ont donné un coup de vert à la région – la route vers l’extrême Est du pays, près de la frontière algérienne, offre une succession de vues à couper le souffle.

Le bercail

Après 9 heures de route balayée par le vent chaud, le campement du rallye se dessine enfin à l’horizon. Sous un ciel rose-orangé, les Gazelles rentrent au bercail. Les premières voitures se garent en soulevant le sable et la poussière, après une journée marathon éprouvante. "C’était vraiment crevant aujourd’hui !" lance l’une d’elles, le front brûlé par le soleil et les cheveux ensablés, filant vers une douche bien méritée.

Le Rallye, qui fête cette année ses 25 ans, rassemble 168 équipages en binômes, venus des quatre coins du monde pour affronter les dunes du désert marocain, en 4x4, cross-over, quads, buggys ou motos. Un rallye "à l’ancienne", où les 336 gazelles se dirigent sans GPS, uniquement équipées de boussoles, de cartes et de compas. Une épreuve aussi physique que psychique, qui pousse chacune des participantes à se surpasser.

Parties jeudi dernier de Mech Irdane, dans la région d’Erfoud, elles ont fait étape à Nejjak et Tinfou. Mardi et mercredi, une nouvelle étape marathon les attend, entre Tinfou et Foum Zguid. En rentrant au bivouac, les équipes profitent du peu de temps libre qui leur reste pour se détendre et se désaltérer, chacune racontant ses exploits ou galères de la journée. "On a trouvé seulement 8 balises sur 13", confie l’une d’elles, l’air un peu dépité. "Mais on va tout donner demain pour rattraper notre retard".

À l'heure des gazelles

Dans le camp, pas de changement d’heure pour les gazelles: "ce week-end, elles n’ont pas avancé leurs montres d’une heure comme le reste du Maroc, pour éviter d'être encore plus fatiguées !", précise Isabelle, une des organisatrices du rallye. Après un dîner consistant, les filles partent se coucher sous les tentes serrées les unes à côté des autres. La nuit sera courte sur le bivouac: à 4h du matin, les gazelles se lèvent et quittent leurs tentes, lampes frontales allumées pour se diriger dans la nuit étoilée.

À 5h, les gazelles encore à moitié endormies écoutent le briefing de la journée. Une étape marathon dans les dunes qui s’annonce dure, sous une chaleur déjà écrasante au petit matin. Dans la voiture de presse (équipée d’un GPS), Vincent notre chauffeur distribue des bouteilles d’eau. Ce matin, certaines parlaient de températures pouvant monter jusqu’à 50 degrés.

Mais pas d’inquiétude pour notre chauffeur, un habitué du rallye. "C’est la cinquième fois que je participe", nous explique cet ancien militaire conducteur d’hélicoptère, qui a fait la guerre du Kosovo en 1999, "où ça mitraillait pas mal". En moins de 30 minutes, nous rejoignons la première balise, celle que les gazelles mettront plus d’une heure à trouver...

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