MAROC
31/03/2015 14h:05 CET | Actualisé 31/03/2015 14h:32 CET

Fronde interne, avortement, liberté de conscience: Anouar Zyne, candidat au poste de secrétaire général de l'UC, prend position

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POLITIQUE - Secrétaire général de l’Organisation des jeunesses constitutionnelles (OJC), la chabiba de l'Union constitutionnelle (UC), Anouar Zyne est candidat au poste de secrétaire général du parti. Après le report de l'assemblée élective, il livre ses impressions sur l'évolution que connait l'UC, et, ses points de vue sur plusieurs questions: Avortement, liberté de conscience, renouvellement des élites.

HuffPost Maroc: Comment s'est déroulé votre cinquième congrès national ?

Anouar Zyne: Un vent extraordinaire a soufflé sur l'UC. Pour la première fois en 32 ans d'existence, la salle a dit non à la tribune, composée des membres du bureau politique et du secrétaire général. Les membres du bureau ont du quitter le congrès à la hâte. Nous avons plus que jamais un vrai parti avec de vrais militants qui ont joué un rôle dans la médiation, et ont fait en sorte que ce cinquième congrès ne soit pas un échec.

Quelle est la raison du mécontentement des militants ?

Des amendements des statuts du parti ont été suggérés à l'approbation. Or, ils n'ont pas été communiqués aux militants avant le congrès. Après les avoir présentés, le bureau politique nous a dit que nos applaudissements étaient un signe d'approbation. La salle s'est sentie humiliée, et s'est révoltée contre cela.

Que prévoient ces amendements ?

L'un d'entre eux veut établir le vote par liste pour le poste de secrétaire général. Si on était dans un grand parti, on pourrait imaginer cela, une liste cohérente et homogène, car l'objectif est d'avoir un exécutif homogène. Dans un parti comme le notre, le vote par liste correspond à une volonté de jouer le match avant le match et de biaiser le vote.

Un autre amendement veut autoriser le bureau politique à suspendre les instances parallèles qui ne respectent pas les valeurs idéologies du parti. C'est vague, et ça pourrait être utilisé à des fins de règlement de comptes.

D'autres amendements correspondent à des aspects fonctionnels. Il y a, par exemple, eu une suggestion des ténors du parti pour créer un second poste de vice-secrétaire général et de vice-trésorier. Le dédoublement des postes de vice-secrétaire général et vice-trésorier est compréhensible, et l'amendement pourrait passer. En revanche, tout ce qui est machiavélique ne passera pas.

Si vous êtes élu à la tête de l'UC, vous serez le plus jeune secrétaire général de parti au Maroc. Qu'est ce que cela vous fait ?

Certains médias ont conçu ma candidature comme une mise en scène, et j'ai du fournir beaucoup d'efforts pour être convaincant. Il y a une idée fausse ancrée dans les esprits qui veut que quand on n'a pas un age X, on n'est pas habilité à diriger un parti ou à faire de la politique.

Le renouvellement des leaders politiques, c'est pour demain ?

Le temps politique est un temps “long”, mais on est sur la bonne voie. Le renouvellement passe par moins d'obstacles et de machiavélisme, mais il faut, aussi, que les jeunes fassent preuve d'un peu plus d'abnégation. Il faut qu'ils acceptent de marcher des kilomètres, d'assister à des meeting un peu partout, de remplacer leur arabe contestataire par l’ arabe de Nizar Qabbani.

L'UC ne se prononce que peu sur les questions de société. Pourquoi ?

L'UC a été crée par l’ancien premier ministre Maati Bouabid avec l’ADN d’un parti de service sans idéologie précise. On est des libéraux, mais, il faut le reconnaître, nous sommes peu portés sur les questions de société. Le parti n’a jamais eu de positions claires sur l'avortement et la liberté de conscience, par exemple.

Justement, quelle est votre point de vue sur l'avortement ?

Je suis fondamentalement pour la liberté de jouissance et de disposer de son corps, dans la limite où on ne fait pas de mal à autrui. Sur le plan scientifique, et même dans les fatwas les plus rigoureuses, jusqu'à une certaine période, il est possible d'avorter puisqu'on on ne fait pas de mal à autrui.

Et la liberté de conscience ?

J’y suis favorable. Dans la pratique, la liberté de conscience existe, mais elle n’est toujours pas inscrite les textes de lois car on pense à tort qu'il y a des blocages sociétaux.

Et que pensez-vous de la légalisation du cannabis ?

Si légalisation du cannabis il y a, il faut que ce soit pour des usages industriels et thérapeutiques. Pour cela, il faut un modèle, il faut organiser la filière, à des fins thérapeutiques ou d'export, avec taxation, revenus, transfert de savoir faire. Je suis pour une reconnaissance du cannabis, et pour arriver à cela, il faut beaucoup de pédagogie. Je m'oppose, en revanche, au modèle hollandais.

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