ALGÉRIE
29/03/2015 04h:42 CET | Actualisé 29/03/2015 04h:46 CET

800 à 1100 algériens combattent avec Daech et les mouvements jihadistes en Syrie

Afp

Entre 800 à 1100 algériens sont enrôlés dans les rangs de daech et les autres mouvements jihadistes en Syrie, a indiqué Fahd Al Masri, président du centre des études stratégiques, sécuritaires et militaires sur la Syrie dans un entretien au quotidien arabophone Echourouk.

Ancien porte parole de l'armée sienne libre (ASL), Al Masri note que ces Algériens combattent dans les rangs de Daech (EI) mais également Front al-Nosra (Al-Qaïda) et d'autres milices jihadistes. Le chiffre de 800 et 1100 Algériens n'inclut pas, précise-t-il, les combattants d'origine algérienne venus de France ou d'Europe en général.

Selon Fahd Al Masri, 85% des Algériens se sont enrôlés dans les rangs de Daech (groupe Etat Islamique, EI) alors que les 15% autres sont avec Al Nosra, Ahrar al Cham ou l'armée des Mouhajirine et Cham el Islam.

Les Algériens , selon lui se sont d'abord concentrés dans les provinces d'Alep d'Idleb et quelques régions littorales où se trouvaient des jihadistes caucasiens, libyens et de combattants des pays de l'Europe de l'Est.

Selon lui, cette répartition est en relation avec les mouvements de Abou Mossaab Al Souri et Abou Khaled qui ont déjà activé sous la bannière d'Al Qaïda et ont organisé des camps de jihadistes en Afghanistan du temps des talibans.

Fahd Al Masri, ancien porte-parole de l'ASL

fahd al masri

De nombreux algériens, affirme-t-il encore, ont fait allégeance à Abou Omar le caucasien et l'ont suivi dans la province de Raqa quand il a prêté allégeance à l'EI. Les combattants algériens, à l'instar de ceux des autres pays du Maghreb, participent et font la guerre, selon lui, sous des noms de guerre et non sous leurs vrais noms.

Le taux de mortalité ou de blessures est élevé parmi les Algériens, selon les chiffres avancés par Fahd Al-Masri. Il estime que 15 à 20 % de ces combattants ont été tués. 10% de ces djihadiste sont hors d'état de combattre en raison des blessures qu'ils ont subis. Ils se soigneraient ou bien en Syrie ou en Turquie s'ils ont la chance de regagner les frontières.

Des Algériens déçus par le Daech sont repartis

Les "terroristes de nationalité ou d’origine algérienne sont des durs", dit-il, et un "grand nombre d’attentat suicide a été commis par ceux qui ont été enrôlés dans Front Nosra et d’autres organisations". Al Masri note aussi que quelques dizaines de jeunes algériens sont repartis vers leur pays après avoir découvert ce qui se passait réellement en Syrie et la réalité des mouvements jihadistes.

Al-Masri ne donne pas d’indications précises sur le nombre de ces "déçus du Djihad" en Syrie qui se sont retirés rapidement. Il cite le cas de groupes d’Algériens et de Marocains chargés, début 2014, de mener des opérations à Alep et Idleb, censées cibler l’armée gouvernement syrienne.

Mais, "juste au moment de l’engagement des combats, ces jeunes ont découvert que la cible n’était pas l’armée mais des groupes de l’ASL et des forces révolutionnaires qui protégeaient certains villages aussi bien contre Daech et ses "sœurs" que contre le régime… ".

Ces jeunes, affirme-t-il, ont choisi de fuir vers la Turquie et certains d’entre eux ont été tués par Daech et les autres groupes djihadistes.

Pour lui, ces jeunes sont des "égarés", des "dupés" qui sont arrivés en Syrie individuellement et par leurs propres moyens et ont été rapidement pris en main par les réseaux Daech qui se trouvent dans les villes turques frontalières. Il faut souligner, dit-il, que l’ALS et les factions de l’opposition syrienne n’ont pas appelé les arabes ou les étrangers à venir combattre en Syrie.

Selon, Al Masri, le nombre de 30 000 combattants de l'EI est "astronomique". " Dans les faits, ils ne peuvent pas être plus que 14 000 de 85 nationalités différentes", dit-il avant d'ajouter "c'est les déchets du monde qui se sont amoncelés en Syrie".

Fahd Al Masri, qui affirme que son centre a des contacts avec les autorités algériennes, estime que les Algériens sont un peu plus nombreux que les Marocains. Mais les plus nombreux, précise-t-il, sont les Tunisiens "qui sont plus de 3000 à combattre dans le rang de Daech et "ses sœurs".

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.