MAROC
27/03/2015 10h:18 CET

Migrants: L'Espagne adopte une loi décriée sur la gestion des frontières à Sebta et Melilla

Assaut de migrants à Ceuta
Capture d'écran
Assaut de migrants à Ceuta

IMMIGRATION - Une loi controversée dite de "sécurité citoyenne" a été adoptée jeudi en Espagne par le Congrès, avec les voix du Parti populaire (parti conservateur), qui dispose de la majorité absolue. Ces derniers mois, de nombreux manifestants espagnols symboliquement "bâillonnés" étaient pourtant descendus dans les rues en signe de protestation.

Cette nouvelle loi, qui prévoit notamment de renforcer les peines pour crimes ou limiter certains rassemblements ou manifestations, comporte également un volet sur les refoulements "à chaud" aux frontières espagnoles de Sebta et Melilla, où d'importants assauts de migrants subsahariens ont régulièrement lieu.

"Jour sombre"

Le nouvel amendement légalise l'expulsion automatique et collective des migrants et des réfugiés en provenance des frontières des deux présides, en introduisant une nouvelle pratique administrative de "rechazo" ("rejet"), les privant ainsi du droit d’asile, selon Amnesty International. "C’est un jour sombre pour l’Espagne", a déclaré l’ONG dans un communiqué.

"Des migrants vulnérables cherchant la sécurité dans ces enclaves ont déjà été rassemblés et renvoyés au Maroc", poursuit le communiqué, qui estime que le gouvernement espagnol "piétine les droits de ces personnes et les propres obligations internationales de l’Espagne".

Le ministre de l’Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, a pour sa part indiqué qu’il défendait le "droit fondamental" de l’Espagne "de protéger ses frontières", assurant que les refoulements respecteraient les conventions internationales.

Des bureaux d'asile pour "calmer les consciences"

La Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR) a également réagi, condamnant l’adoption de cette loi qui selon elle a une approche "purement sécuritaire de la gestion des frontières", et ajoutant que les bureaux d’asile récemment ouverts à Sebta et Melilla "masquent la réalité à la frontière et cherchent à calmer les consciences".

Pour Hicham Rachidi, secrétaire général du Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM), interrogé par le HuffPost Maroc, "les deux nouveaux bureaux d’asile sont une réponse des autorités espagnoles suite aux refoulements controversés".

"Mais les expulsions ‘à chaud’ posent problème car elles ne permettent pas d’identifier les demandeurs d’asile", estime M. Rachidi, qui précise que pour le moment, seuls des réfugiés syriens ont été autorisés à entrer dans les nouveaux bureaux.

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