ALGÉRIE
19/03/2015 17h:51 CET | Actualisé 20/03/2015 14h:57 CET

Les partis d'opposition dénoncent les "menaces" de Bouteflika et l'accusent de confondre "sa personne avec l'Etat"

opposition algérie

Accusés jeudi par le président Abdelaziz Bouteflika de pratiquer la politique de la "terre brûlée", de chercher à mettre l'Etat "en ruine en marchant sur les cadavres" pour "arriver au pouvoir", les partis d'opposition, membre de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD) réagissent avec vigueur à ce qu'ils qualifient de menaces et de charge violente.

Sofiane Djillali président de Jil Jadid, a été un des premiers à réagir sur les réseaux en reprenant textuellement un passage particulièrement dur du chef de l'Etat mais en proposant de remplacer l'expression "arriver au pouvoir" par "rester au pouvoir".

Dénonçant la violence des propos qui, selon lui, ne sont pas ceux "d'un président mais d'un chef de faction", le président de Jil Jadid, estime que ceux qui ont rédigé le message manifestent une "forme de panique" qui est une lourde menace pour le pays.

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Atmane Mazouz, chargé de communication du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) y voit, lui aussi, un signe de "panique" du pouvoir, une réaction typique des "pouvoirs totalitaires et illégitimes".

Le responsable du RCD est particulièrement choqué par le fait que cette attaque "perfide" et "honteuse" contre l'opposition survienne le jour du 19 mars, ce qui renseigne , dit-il, "un peu plus sur la déliquescence institutionnelle et la faillite de l’Etat".

Athmane Mazouz met en relief la contradiction entre les appels au dialogue de Bouteflika et ses "menaces et invectives" contre l'opposition et la presse. C'est une "entreprise vaine et une fuite en avant qui discrédite son auteur et humilie, une fois de plus, la Nation". Pour le RCD, le message de Bouteflika ne fait que "compliquer un peu plus la situation du pays".

Dans un post sur Facebook, le président du MSP (Mouvement de société de paix, islamiste), Abderrezak Makri, annonce qu'il réagira à la lettre du président samedi matin à l'occasion d'une rencontre avec des cadres. Il fait néanmoins une observation "préliminaire" sous forme de question.

"Pourquoi dans les Etats sous-développés le chef de l'Etat confond sa personne avec l'Etat? Pourquoi le fait de la critiquer (en tant que personne susceptible du point de vue constitutionnel d'être l'objet de critique) serait une atteinte à l'Etat? Le président considère-t-il qu'il est l'Etat et que le critiquer est une atteinte à l'Etat? Est-ce cela sa conception de l'Etat? Est-ce cela la culture de l'Etat dont il serait responsable?".

Par ailleurs, le journal El Khabar, a relevé que la charge contre la presse "sans éthique" figure dans le texte présidentiel en français mais qu'elle est absente de la version en langue arabe.

A quelle version doit-on se fier se demande El Khabar qui s'interroge sur les raisons de cette différence entre les deux versions. "Il est impensable de croire que le président de la république a été censuré, serait-ce alors un simple oubli dans la traduction ?" observe El Khabar qui constate que les dépêches de l'agence Algérie Presse Service en arabe et en français reproduisent la même différence de version.

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