MAROC
18/03/2015 09h:36 CET | Actualisé 18/03/2015 10h:59 CET

Ahmed Rahhou, PDG du CIH depuis octobre 2009, fait le bilan

Ahmed Rahhou, PDG du CIH depuis octobre 2009, fait le bilan
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Ahmed Rahhou, PDG du CIH depuis octobre 2009, fait le bilan

BANQUE - Quatre ans pour transformer une banque. C'est le pari que vient de réussir Ahmed Rahhou, PDG du CIH depuis octobre 2009.

Le nouveau directeur général de la Caisse de Dépôt et de Gestion, Abdellatif Zaghnoun, doit être aux anges. Pour son premier conseil d'administration au CIH, où la CDG est un actionnaire de référence, le conseil a décidé de distribuer un dividende de 14 DH par action, avec en bonus un dividende exceptionnel de 2 DH.

En tout, ce sont 16 DH par action qui seront remontés dès juillet aux actionnaires de CIH Bank, leur offrant ainsi un rendement de 4,3%, l'un des meilleurs de la place casablancaise. "C'est peut être la seule bonne nouvelle que Zaghnoun a eu depuis sa nomination à la CDG", lance, amusé, cet analyste financier, qui rappelle que ce dividende exceptionnel reste largement justifié au vu des bonnes performances de la banque.

500 millions de dirhams de bénéfices

Présenté hier à la presse et aux analystes, les résultats de l'ex-OFS ressortent en effet au beau fixe: un bénéfice net de 500 millions de dirhams, en baisse de 2,7%, découlant d'un produit net bancaire de 1,7 milliard de dirhams. "Cette petite baisse des bénéfices s'explique par les pertes accusées par l'activité hôtelière. Hors activité hôtelière, le résultat net consolidé de la banque affiche une hausse de 4,4%", signale Ahmed Rahhou, PDG de CIH Bank.

Le lourd héritage continue donc de peser sur les comptes de la banque, mais plus pour longtemps, promet Rahhou. "Pour régler les dossiers en souffrances du passé, nous avons dû récupérer quelques actifs hôteliers, dont plusieurs ont déjà été cédés. Les autres unités hôtelières qui restent sont en cours de cession (exemple du Tivoli d'Agadir, NDLR)", signale-t-il.

Des cessions qui seront opérées cette année et qui signeront la fin de la phase d’assainissement enclenchée par Ahmed Rahhou depuis sa nomination en 2009. Une période où ce Polytechnicien, connu pour ses talents de réformateur, a réussi à nettoyer les comptes de la banque, mais aussi à enclencher une véritable transformation de fond.

La banque dans la poche

Signe de cette mutation profonde: le changement d'identité visuelle qui a créé une rupture avec l'image du passé, mais aussi et surtout la série d'innovations lancées par la banque qui ont pris de court tout le secteur. Comme la suppression à partir de 2014 des dates de valeur, une pratique largement utilisée dans le secteur et dont Rahhou s'est séparé sans regrets.

"L'application des dates de valeur aux opérations bancaires est une pratique révolue. Nous avons décidé de restituer 10 à 12 millions de dirhams d'intérêts à nos clients pour mieux les servir", explique le PDG de la banque. Autre exemple tout récent: l'unification du service en agence. Un client CIH Bank peut désormais exécuter toutes ses opérations dans n'importe quelle agence du réseau, et au même tarif.

Chez les autres banques du pays, ce petit plus est payant... Sans parler de la banque en ligne, qui permet aujourd'hui aux clients de la banque de réaliser l'essentiel de leurs opérations via leur smartphone. "On compte aujourd'hui 4 à 5 millions de smartphones en circulation au Maroc. C'est autant de smartphones que de comptes bancaires. La banque de demain sera dans la poche du client", explique le PDG de CIH Bank.

Bénéfices. L'effet Rahhou

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De la pierre à l'universel

Autre chantier lancé par l'ancien patron de Lesieur Cristal: la transformation du CIH en banque universelle. Cantonné depuis sa naissance il y a près d'un siècle à financer la promotion immobilière et l'investissement touristique, le CIH sous Rahhou s'est créée des ramifications dans tous les domaines de la finance. Dans le crédit à la consommation, le PDG a pris le contrôle de Sofac Crédit, une des plus grandes sociétés de financement du pays. Une opération réalisée grâce au produit de cession des unités hôtelières héritées du passé.

Même démarche dans le leasing, où le CIH est désormais présent via Maroc Leasing, un des champions marocains du domaine. Et quand il ne peut pas mettre un pied dans un secteur, Rahhou s'associe à ses actionnaires: la CDG pour les métiers de la haute finance, et Atlanta pour les métiers de la bancassurance. Résultat des courses: l'ex-OFS est devenue une vraie banque généraliste, à l'instar de ses concurrents.

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